Faut-il rembourser un crédit par anticipation lors d’une grosse rentrée d’argent ?

3 %

Les indemnités de remboursement anticipé (IRA) sont plafonnées dans la limite de 3% du capital restant dû ou 6 mois d’intérêt calculés au taux d’intérêt de l’emprunt sur la somme remboursée. Le montant le plus avantageux pour l’emprunteur est retenu.

Solder un prêt immobilier est souvent plus intéressant. Mais il convient d’être vigilant sur plusieurs points pour ne pas être perdant à la sortie...

Lors d’une grosse rentrée d’argent, notamment suite à un héritage, une question peut se poser : dois-je solder mon emprunt immobilier ? Les taux bas ont rendu la réponse moins évidente qu’auparavant. Prenons l’exemple de M. Durand, qui a un emprunt au taux de 1,5 %. Il lui reste 10 ans de crédit et 100 000 euros à rembourser lorsqu’il reçoit cette somme en héritage. En soldant son prêt, M. Durand s’enlèvera une charge mais se privera par ailleurs d’un capital pouvant être placé. En conservant son prêt, il pourra placer son capital et puiser dedans pour payer ses échéances.



Comparer les taux

De manière intuitive, il suffit donc de comparer le coût de l’emprunt au taux auquel peut être placé le capital. Si les fonds sont placés à 1,5%, le capital permettra de payer le crédit au fil de l’eau. Au bout de 10 ans, M. Durand n’aura plus rien à payer et aura réalisé une opération blanche. Si le taux du placement est supérieur, il gagnera à conserver son prêt. Avec un placement à 2 %, il disposera par exemple d’un capital résiduel de 3 167 euros.



L’assurance emprunteur

Il convient toutefois d’aller un peu plus loin dans l’analyse. Le premier élément à vérifier est le coût réel du crédit. Imaginons que notre emprunteur paye 40 euros d’assurance par mois pour assurer son prêt. Le coût réel de son financement n’est pas de 1,5 % mais de 2,39 %. Il lui faudrait trouver un placement rapportant au moins 2,39% pour être gagnant en conservant son prêt.



Le rendement net du placement

En parallèle, le rendement du placement envisagé est aussi à étudier de près, sans oublier la fiscalité. Supposons que M. Durand a trouvé un placement à 2,50 %, l’incitant à conserver son prêt et à placer son capital. Si ce placement est soumis au Prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30 %, il n’aura que 1,75 % net et n’aura finalement aucun intérêt à conserver son prêt.



Remboursement anticipé

Un dernier facteur vient en revanche donner un argument à la conservation du prêt : le coût du remboursement anticipé. Lors d’une telle opération, l’emprunteur paie des pénalités, appelées indemnités de remboursement anticipé (IRA). Si M. Durand a emprunté à 1,5 %, il devra payer 750 euros en cas de remboursement anticipé. En réalité, il pourra se contenter de placer ses fonds à 1,38 % net pour avoir intérêt à conserver son prêt.


Posté le 28/11/2018 par Olivier Cheilan

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