Des protestations contre l'abandon de l'encadrement des loyers.

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Le plan de relance du logement de Manuel Valls était très attendu. Après son dévoilement le 29 août dernier, des voix se sont vite élevées contre l’abandon de l’encadrement des loyers. C’était une mesure phare de la loi Alur et un engagement de campagne de François Hollande pour préserver le pouvoir d’achat des Français.
 
 

Historique de la mesure

 
C’est la loi Alur votée le 24 mars dernier qui a introduit l’encadrement des loyers dans les zones tendues. En juin dernier, Manuel Valls déclarait une mise en œuvre avant la fin 2014 à Paris, puis dans une trentaine d’autres agglomérations. Aux Préfets de déterminer une fourchette de loyers selon les observations réalisées dans leur ville. Mais, moins de six mois après, le gouvernement recule dans son plan de relance. Le dispositif ne s’appliquera qu’à Paris, et «à titre expérimental». Le Premier ministre estime que «nous avons assez de recul pour juger des difficultés de sa mise en œuvre», car «les conditions techniques ne seront pas réunies avant des mois, voire des années» pour élargir la mesure à plus grande échelle. De plus, il craint que cela engendre «trop d’incertitudes pour les investisseurs».
 
 

De vives réactions 

 
Si le gouvernement a fait le choix de rassurer les investisseurs plutôt que de protéger le pouvoir d’achat des Français, les réactions ne se sont pas fait attendre.
Cécile Duflot, ex-ministre du Logement qui avait porté cette loi, a riposté dès le 29 août. Pour elle, la décision de Manuel Valls est «inouï[e]». «On a cédé à une opération de communication et d’intoxication en oubliant des centaines de milliers, voire des millions, de personnes qui souffrent de la crise du logement.»
 
Sur Twitter, Emmanuelle Cosse, Secrétaire nationale des Verts, regrette aussi cet abandon, «qui revient à enterrer une mesure de justice sociale votée par toute la gauche».
 
Plusieurs maires ont également protesté contre ce recul. Martine Aubry tout d’abord, qui avait préparé cette réforme, s’est exprimée. «A Lille, depuis plus d'un an maintenant, nous travaillons en anticipation des obligations légales. Plus que jamais, nous sommes déterminés à faire aboutir ce travail, car notre ville a cruellement besoin d'un dispositif national lui permettant de réguler localement ses loyers et de les rapprocher des capacités financières réelles de ses habitants, tout en préservant la rentabilité des investisseurs. Nous demandons que, comme Paris, Lille et d'autres villes volontaires bénéficient de l'encadrement des loyers prévus par la loi Alur dans le respect de l'engagement 22 de François Hollande.»
 
Lui emboîtant le pas, Christophe Ferrari, Président socialiste de la Communauté d’agglomération grenobloise, a écrit une lettre au Premier ministre. Il souhaite aussi que sa communauté d’agglomération bénéficie de cette «mesure de justice» en faveur du pouvoir d’achat des locataires et familles. Il est soutenu par le maire écologiste de Grenoble.
La Députée PS de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône, Marie-Arlette Carlotti, a elle aussi fait entendre sa voix sur son blog. Elle écrit que «Marseille subit une tension immobilière grave (…). Réguler et encadrer les loyers à Marseille est une nécessité». 
 
L’Union Nationale des Etudiants de France a publié un communiqué sur son site le 1er septembre. Le premier syndicat étudiant réclame que l’encadrement des loyers soit maintenu dans les villes étudiantes et adapté à la durée des baux des étudiants.
 
 

Revirement 

 
Mais nouveau rebondissement le 31 août dernier, face à ces réactions. Au Journal du Dimanche, Manuel Valls a déclaré: «Si en plus de Paris, d'autres villes comme Lille sont volontaires pour expérimenter l'encadrement des loyers, qu'elles le fassent». 
 
 
Les tensions se cristallisent, alors que le gouvernement mise sur la mobilisation de tous les acteurs. L’enjeu sera donc de maintenir la coopération en alliant confiance des investisseurs et protection du pouvoir d’achat des ménages.
 
Posté le 11/09/2014 par
Loi alur

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