En cette rentrée contrastée sur le marché de l'immobilier, le directeur général d'Orpi, premier réseau français d'agences immobilières, livre son analyse et ses prévisions. En toute franchise.
Stéphane Vié : Structurellement, nous sommes toujours sur un marché en pénurie sur les grandes villes et les zones dynamiques, économiques ou démographiques, sous tension en raison du manque d’offres. Cette situation ne dépend pas de l’humeur des gens ou des variations de taux, mais de l'insuffisance de logements par rapport à la demande. L’augmentation continue des prix dans ces zones, région parisienne au premier chef, écarte de fait un grand nombre d’acquéreurs potentiels. C’est un phénomène d’érosion, peu à peu, nombre d'acquéreurs potentiels n’ont plus accès à ces niveaux de prix et se rabattent vers plus petit ou plus loin. La tension sur les tarifs vient de celle sur l’offre et rien, dans la situation actuelle, ne peut la changer.
S.V. : Nous en avons avec peu de mouvements démographiques, d’autres avec des biens plutôt grands, familiaux, trouvant difficilement preneur, et une situation normale sur le reste. Le marché souffre de déséquilibres structurels depuis des années, qui n’ont pas été résolus pendant ou à la suite de la crise de 2008. Mais avec des taux d’intérêt somme toute historiquement assez bas, les personnes ayant un projet d'achat devraient organiser leur financement et se lancer sans tarder.
S.V. : Je le pense. Le marché est compliqué, contrasté, très local... Mais l’immobilier reste une valeur refuge, patrimoniale et fondamentalement très peu spéculative. Les turbulences monétaires et financières peuvent avoir un impact, mais l’utilité d’être propriétaire, la pertinence d’être investisseur-bailleur et l’envie d’avoir un toit à soi restent des éléments structurels stables.
S.V. : Tout à fait ! Une résidence principale, on y reste en moyenne huit ans, on ne va donc pas l’acheter pour des raisons financières mais de projet de vie. Pour l’investissement locatif, c’est pareil : un bail, c’est trois ans minimum, souvent, on préfère six ans et le locataire aussi. Considérer le moyen et le long terme est la meilleure façon de réaliser un bon achat immobilier.
S.V. : Les échéances électorales créent un attentisme. Mais environ 80 % des transactions interviennent parce que les gens doivent bouger. Ils ont un enfant ? Quel que soit le résultat de la présidentielle, il leur faudra une chambre de plus. Ils sont mutés ? Qu’un tel soit élu ou pas, il leur faudra trouver à se loger près de leur lieu de travail. La grande majorité des achats immobiliers ont pour cause un événement de la vie, heureux ou malheureux, l’essentiel de ces achats ne peut être différé pour des raisons conjoncturelles. Ils peuvent se ralentir un peu, se réfléchir plus longtemps, mais les vraies raisons de fond ne viennent pas de mouvements externes.
PERSPECTIVES Deux pistes d'avenir selon Stéphane Vié | |
| Rénover l'ancien... > Depuis toujours, les aides se concentrent sur le neuf, qui ne constitue pourtant qu'un quart des ventes. Il y a beaucoup d'emplois à la clé avec la construction, mais les Français investissent d'abord dans la réfection et l'amélioration des logements anciens ce qui, là aussi, génère nombre d'emplois induits dans l'artisanat et les corps de métiers autour des travaux d'isolation, de décoration, de chauffage... | ... et penser vert > Orpi a été précurseur pour signer l'accord sur le bilan énergétique. Plus de 16 millions de logements individuels anciens, hors collectifs, nécessitent des travaux pour une mise au norme en matière de performances énergétiques actuelles. Tout le monde aurait à y gagner, à commencer par les finances du pays, et cela ferait économiser des tonnes d'équivalent pétrole et carbone. |
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PARCOURS
1964 : naissance le 6 mai.1987 : diplômé de l'EDHEC.1993 : chef de produit chez LVMH.1998 : directeur marketing et export de Meccano, puis chez César.2006 : rejoint le réseau Orpi pour y créer la direction Marketing.2008 : directeur général d'Orpi.