Après l’emballement du début des années 2000, les prix reviennent à des valeurs raisonnables.

TROIS EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE
oyau médiéval du Bessin et quatrième ville du Calvados, Bayeux est au cœur d'un groupement de communes qui s'étend jusqu'au littoral tout proche. Tourisme, tertiaire et agro-alimentaire... les secteurs et parcs d'activité sont diversifiés et implantés tout autour de la ville. Mais Bayeux est surtout connue pour son patrimoine historique et médiéval intact : la cathédrale, emblématique de l'architecture romane et gothique normande, les maisons à pans de bois, les manoirs et hôtels particuliers sont remarquablement préservés. Les visiteurs du monde entier se pressent pour admirer la célèbre tapisserie de la reine Mathilde qui illustre la conquête de l'Angleterre en 1066. Une Angleterre qui n'a cessé de participer à l'histoire contemporaine du Bessin : le cimetière militaire britannique témoigne des heures dramatiques du débarquement. Celui-ci attire toujours des visiteurs d'Outre-Manche qui ont été nombreux à s'installer dans la région il y a dix ans, période faste de l'immobilier, lorsque l'augmentation des prix atteignait 10 à 15 % par an. Puis en 2007, la bulle a explosé. Aujourd'hui, le marché immobilier tend à se réguler. La part du secondaire s'amenuise mais s'européanise avec le retour des Néerlandais et des Belges, au profit des résidents actifs qui recherchent des appartements et des maisons de ville ou en proche campagne, bien desservie par les infrastructures existantes.

Il y a eu un pic du volume des transactions entre 2005 et 2006. Dès le deuxième semestre 2007, nous avons pressenti le retournement du marché, une phase de décélération, avec seulement une augmentation des valeurs de 5 à 7 % en 2007, contre 10 à 15 % par an, pour les années précédentes. Depuis 2008, nous avons assisté à une forte baisse générale de 15 à 20 %. Les prix sont maintenant régulés, pour les biens entre 150 000 et 250 000 €, voire 300 000 € : maisons classiques de villes, ou de 120 m2 à la campagne. Quand il y a eu reprise, au printemps 2009, le marché est reparti sur cette fourchette de prix. On retrouve des maisons intéressantes à 120 000 et 160 000 € : une aubaine pour les jeunes primo-accédants, exclus du marché de l'ancien entre 2004 et 2006. Aujourd'hui, ce sont les biens au-delà de 500 000 € qui restent bloqués : les acquéreurs se renseignent mais préfèrent attendre. Et les vendeurs n'ont pas tous pris conscience de la réalité du marché. Les acquéreurs anglais, qui avaient participé à l'augmentation des prix, sont aujourd'hui vendeurs : éloignement familial, restrictions financières, pouvoir d'achat en baisse, marché immobilier anglais plus abordable incitent au retour au pays. Mais nous voyons revenir des Néerlandais, très présents sur le marché à la fin des années 1990, et des Belges, séduits par des biens d'exception.

Dans la région du Bessin, la crise a été très durement ressentie début 2009. Il y a eu un semblant de reprise en mai-juin, sans tendances qui se dessinent, avec une activité sans visibilité jusqu'à fin 2009. Depuis le début de 2010, on a senti un petit redémarrage : les clients reviennent avec des projets, certains les concluent par des transactions, aussi bien des appartements en centre-ville que des maisons en ville ou en périphérie. Si ces tendances persistent, le marché devrait se stabiliser, voire repartir. En revanche, le comportement de l'acheteur est toujours à la négociation, et les budgets sont globalement inférieurs à 200 000 €. Il n'y a pas de profil type d'acquéreur, et pratiquement plus d'investisseurs : la loi Scellier ne s'applique pas au Bessin où le marché locatif est difficile : l'offre ne répond pas à la demande. Les propriétaires sont toujours en décalage avec le marché, mais ceux qui ont accepté de vendre leur bien à un niveau correspondant à la demande ont trouvé acquéreur. Notre métier consiste à expliquer que le marché fixe la barre à tel niveau ! Avant la crise, il y avait 25 % de secondaire pour 75 % de principal. Aujourd'hui, le secondaire est très rare, et souvent, on voit repartir les Anglais qui souffrent d'un sentiment d'isolement. La crise ramène à des valeurs essentielles, et le secondaire n'est pas un marché primaire : on peut y surseoir, sans contraintes ni urgences.
Le marché était arrivé à un prix tel que la bulle immobilière a explosé ! La période de hausse est terminée. Ceux qui ont besoin de vendre sont revenus à des prix plus raisonnables et sont ouverts aux négociations. Les acheteurs sont encore offensifs, mais leur marge de négociation se réduit. Les prix sont stabilisés. La demande est quasi inexistante pour les biens situés entre 200 000 et 300 000 €, fourchette où il y a le plus de volume sur le marché, comme les pavillons contemporains. À budget moindre ou identique, les clients potentiels réfléchissent plutôt à la possibilité d'acheter un terrain pour construire. Aujourd'hui nous voyons beaucoup de primo-accédants : les banques acceptent les dossiers de financement et proposent des taux intéressants. Ces acheteurs recherchent des petites surfaces et des prix de 40 000 à 100 000 € pour des studios, 2 ou 3-pièces ; ou s'éloignent du centre-ville pour des maisons, souvent à rénover, à l'ouest de Bayeux ou dans un rayon de 10 km. Il y a de plus en plus de demandes de résidence principale en zone rurale, et parfois des placements de « père de famille », pour leur retraite à venir où pour les enfants.
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