En dépit d’une conjoncture économique incertaine, la cité lilloise espère confirmer les signaux d’une reprise attendue.

QUATRE EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE
Ville universitaire, jeune et dynamique, au centre de l'étoile Paris/Bruxelles/Londres, Lille est une cité particulièrement attractive en plein cœur de l'Europe. Comme dans beaucoup de villes françaises, le marché immobilier de la cité lilloise a été touché par la crise et nous constatons une chute des ventes de -20 % en 2009. Une baisse à mettre en regard de la confortable augmentation constatée sur les cinq années précédentes : 60 %. Si le centre et l'hypercentre, ainsi que le Vieux Lille, restent des quartiers privilégiés et relativement chers (2 500 € à 3 000 € le m2), de nombreux acheteurs s'orientent vers les quartiers périphériques plus abordables comme Wazemmes, Moulins ou même Fives (2 000 €/m2). Dans les communes de la toute première couronne (Marcq-en-Barœul, La Madeleine, Wasquehal, etc.), le prix se situe autour de 2 100 €/m2 et peut grimper jusqu'à 2 300 €, tandis que des villes plus populaires comme Roubaix et Tourcoing affichent une somme autour de 1 700 € le m2. Les surfaces les plus sollicitées demeurent les appartements d'une superficie de 45 m2 à 50 m2 (type T2) et les maisons de construction des années trente de 80 m2 à 90 m2, pour un achat qui se situe dans la moyenne de 150 000 €.

Les prix ont bien baissé pendant l'année 2009. Avant, les vendeurs fixaient les prix. Maintenant c'est l'inverse, ce sont les acquéreurs qui les font varier. Ils arrivent parfois à négocier jusqu'à -15%. Récemment, une très belle maison anglo-normande à Marcq-en-Barœul s'est vendue 510 000 €. Le prix de départ du vendeur était de 680 000 €. L'acheteur a réussi à faire baisser ce prix de 25% ! En 2009, les transactions se sont réactivées au détriment du vendeur. Cette année-là a été particulièrement fluctuante, avec des moments d'euphorie et des moments de doutes. Depuis août, il y a une bonne fréquence des transactions, avec de très bons mois comme octobre et novembre. En 2010, je souhaite que l'immobilier soit plus raisonnable dans ses mouvements : il faut un maintien des prix faibles - mais pas trop bas - pour que le nombre de transactions se maintienne aussi. Et puis, pour les agences, il faut faire du conseil, faire son vrai métier d'intermédiaire, aider le vendeur à bien vendre. Avant, tout se vendait et peu importait le prix. Maintenant cela a changé. Nous le voyons dans certaines résidences, avec deux biens comparables : un peut se vendre et l'autre non. C'est souvent une question de prix mal ajusté pour la vente.
L'année 2009 a été en dents de scie, avec un été particulièrement difficile et un regain d'activité après la rentrée. Les acheteurs se manifestent depuis l'automne grâce à la baisse des taux d'intérêt, mais il faut raisonner les vendeurs pour avoir des prix au plus juste. Les vendeurs sont restés sur des prix élevés, car ces prix n'ont cessé d'augmenter depuis dix ans. Mais aujourd'hui, les prix baissent et il n'y a plus de vente au prix. Ces chutes sur la métropole lilloise sont de l'ordre de 7 % à 10 % : Lille centre et Lille intra-muros ont moins baissé que les extérieurs et la campagne. Il y a toujours un afflux de biens mis en vente, mais les acheteurs se pressent moins, consultent de plus en plus les biens en vente sur Internet, et négocient jusqu'à -10 %, voire -15 %. Cela fait un allongement de la durée de mise en vente. En moyenne chez nous, elle est de 95 jours. Toute la difficulté est d'évaluer le bien au départ, de lui trouver son juste prix pour le vendre rapidement. L'agent immobilier ne doit pas chercher à faire plaisir au vendeur en faisant une estimation trop haute. Nous nous battons contre les estimations fantaisistes. »

En 2009, le marché s'est épuré : les agences qui travaillaient mal ou moins ont fermé, certains groupes se sont retirés. La crise économique a eu des conséquences sur le secteur, il n'y a plus de pouvoir d'achat, mais l'immobilier reste une valeur sûre. Les prix sont à la baisse et il y a de plus en plus de négociations entre vendeurs et acheteurs. Aujourd'hui, une maison de type 1930, avec 3 chambres et 50 m2 de jardin, coûte 150 000 € à Lomme, contre 180 000 € à 200 000 € avant 2008. En revanche, à Tourcoing, pour les primo-accédants, le même type de bien est à 110 000 €. Depuis deux ans, la clientèle devient difficile, les vendeurs attendent, mettent leur bien sur Internet... Et après plusieurs semaines d'insuccès, ces vendeurs reviennent vers nous. Pour nous, 2008 et 2009 auront été des années difficiles : -40% en 2008, -30% en 2009. Les belles années sont derrière nous, mais ces difficultés ont permis de restructurer la société, de garder les meilleurs agents, de leur faire faire les bonnes formations, et finalement aujourd'hui de former une meilleure équipe. Pourtant, je suis réservé pour 2010, car il y aura encore moins de pouvoir d'achat, moins d'acheteurs. De toute façon, à mon sens, l'immobilier est encore trop cher !.
Nous sortons d'une bonne année, surprenante aussi car il n'y a plus de tendances, de périodes, de mauvais mois. Nous avons par exemple très bien travaillé sur juillet et août ; et fini 2009 à 30%, ce qui est une bonne chose pour notre agence qui n'a que trois ans. Nous avons des biens, du studio à la maison à 1 million d'euros, et travaillons principalement sur Lille intra-muros, dans le centre, le Vieux Lille, les quartiers Vauban et Saint-Michel. Juste les bons secteurs. Notre difficulté en 2009 aura été de rentrer des biens, car nous avons une forte demande et toujours autant d'acquéreurs. Contrairement à d'autres agences de Lille, notre année a été assez lisse, régulière. 2010 devrait être en progression. Pour être bien présent, nous augmentons d'ailleurs notre budget communication de 20%. Ce n'est pas en sabrant ce budget qu'on fait des affaires. D'ailleurs, nous allons aussi ouvrir une autre agence sur Lille pour nous développer.
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