En dépit d’une conjoncture incertaine, la ville toujours prisée continue de bénéficier d’un micromarché porteur.

TROIS EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE
Alors qu'une certaine reprise de l'immobilier a été ressentie à Biarritz à partir du second semestre 2009, la Fnaim a noté une forte baisse des prix depuis le début de la crise (-10% en moyenne). Cette baisse est caractérisée par de fortes disparités, certains biens ayant parfois perdu jusqu'à -30% par rapport à 2007. C'est le cas des produits en milieu et bas de gamme des années 80, là où des travaux importants sont à effectuer pour la mise en conformité avec les nouvelles contraintes énergétiques, ou encore sur des logements situés en périphérie. L'hypercentre reste toujours très prisé pour toutes ses commodités et la proximité des plages : il n'a connu qu'un léger tassement (-5%). Quant aux biens immobiliers de standing exceptionnel, c'est à dire ceux situés en première ligne avec vue sur mer (Milady, Port-Vieux ou Miramar), ils ne se dévalorisent pas même si la demande a un peu baissé. Ces disparités ont une double conséquence : une certaine désertification du centre-ville pour des secteurs à fort potentiel foncier comme l'intérieur des terres et l'importance de la négociation devenue un élément essentiel de l'acte d'achat rallongeant d'autant la réalisation de la transaction.

On a longtemps pensé que le marché biarrot se trouvait dans une bulle positive. Il s'est cependant considérablement ralenti depuis un an au niveau des acquéreurs - avec notamment une baisse de 50% des contacts - comme des prix. Pour les produits de qualité - les appartements qui se trouvent situés en bord de mer - les vendeurs campent sur leurs positions et demandent souvent 10 000 €/m2. Des prix habituellement parisiens que les acheteurs ne sont plus prêts à payer, hormis pour des biens tout à fait exceptionnels. Ils font donc des propositions inférieures de 15 à 20 %. Un appartement de 50 m2 à côté du phare avec vue sur mer évalué il y a deux ans à 10 000 €/m2 est estimé aujourd'hui à 7 500 €/m2. Le propriétaire ne veut pas baisser. Résultat ? Des biens qui partaient en trois mois restent six mois sur le marché, comme cette très jolie maison moderne à la Chambre d'Amour de 200 m2, proposée à 1 260 000 €. Plusieurs propositions ont été faites, inférieures de 300 000 € : le propriétaire les a toutes refusées. Le marché est devenu plus compliqué. Nous avons des acquéreurs, mais il faut que les prix des uns et les prix des autres se rencontrent...

Bien sûr l'hiver 2008/2009 a été plutôt compliqué. Mais depuis le printemps 2009, on sent que l'activité repart et on est plutôt optimiste pour 2010. En deux ans, les prix de présentation ont baissé de -10 % et ils sont aujourd'hui dans la réalité du marché. À Biarritz, il faut compter en moyenne 4 000 €/m2 avec un prix plancher à 3 000 €. Certains quartiers n'ont pas perdu de valeur : c'est le cas du centre-ville, toujours très demandé, les alentours de la Place Clémenceau, le quartier Saint-Charles ou encore le Miramar où les biens se négocient autour de 5 000 €/m2. Beau Rivage et le Quartier d'Espagne, deux quartiers moins en vue il y a encore quelques temps, sont toujours en progression. Ce sont des endroits calmes avec des biens atypiques. Les prix y sont en augmentation et atteignent 4 500 €/m2 en moyenne. Ce qui a foncièrement changé, c'est la physionomie des acquéreurs : aujourd'hui la majorité des ventes se fait sans emprunt, avec un financement solide, même pour des budgets très importants. Car Biarritz reste une valeur refuge, un micromarché toujours très demandé.

L'année 2009 a été une période intéressante. Après un début un peu difficile, l'activité est repartie. Grâce aux vendeurs, qui sont de plus en plus en phase avec la réalité du marché. Mais aussi grâce aux mesures gouvernementales (loi Scellier, doublement du prêt à taux zéro et pass foncier) reconduites cette année. Cet ensemble d'éléments a permis de satisfaire la demande locale en accession à la propriété, y compris pour les primo-accédants. 2010 sera sans doute à l'image de l'année qui vient de s'écouler. Une année difficile car trop de biens sont encore éloignés du prix du marché et ne trouvent pas preneur. Mais sans doute également positive : à l'initiative de la Fnaim, la profession s'unit à travers Amepi, un groupement de quarante-quatre agences immobilières sur le BAB qui ont décidé de mettre en commun leurs mandats exclusifs. Une union qui garantit une force de vente inégalée et une réponse aux besoins des acheteurs et des vendeurs soucieux d'avoir une vision claire du marché.
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