Alors que l’activité se concentrait sur le cœur de la ville, l’arrivée du tramway pourrait redessiner la carte immobilière.

DEUX EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE
Deuxième ville des Pays de Loire, Angers est aussi capitale européenne du développement durable. La métropole, qui recense 31 communes, développe activement un plan de déplacements urbains. La prochaine mise en service de la première ligne de tramway - annoncée pour 2010 - pourrait avoir une influence positive sur le marché angevin. Longue de 12 km, la ligne A permettra de rallier le nord au sud en 37 mn, d'Avrillé à la Roseraie en traversant la Maine et le centre-ville, soit 25 stations, pour desservir 57 000 habitants et 21 000 emplois. Un parcours qui pourrait changer la carte immobilière.

Depuis un an, l'activité se recentre sur le cœur de ville, ou vers Pruniers et Bouchemaine. La crise et la hausse du carburant incitent les acheteurs à se rapprocher du centre, et ce sont les quartiers situés au-delà de 12 km qui ont le plus souffert. En un an, les prix intra-muros se sont corrigés et sont désormais stabilisés. Le rythme des transactions a repris, avec une cible élargie. 80% des ventes se font en dessous de 300 000 € ; de 200 à 350 000 € pour une maison et de 100 à 200 000 € pour un appartement, ces fourchettes représentent 50 % de la demande actuelle. Le centre historique attire les acheteurs, et on y trouve, dans l'ancien, des T2 entre 45 et 50 m2 à 120 000 €. Les quartiers Lutin et autour de la place Ney sont très recherchés : les maisons de ville du début du XXe siècle ne manquent pas de cachet avec leur petit jardin, véritable valeur ajoutée. Pour les maisons de ville de 100 à 120 m2, les prix oscillent de 200 000 à 250 000 €. Les acheteurs devenus plus exigeants, se renseignent et attendent une opportunité pour se décider. Bien conscients qu'une valeur sûre reste... une valeur sûre !

La reprise est bien amorcée depuis l'automne, les meilleurs mois depuis longtemps. La baisse des taux d'intérêt et des prix a un effet positif sur la solvabilité des acquéreurs. Un bien à 300 000 € il y a dix-huit mois, est vendu aujourd'hui à 250 000 €. Le marché est assaini : les « mauvais vendeurs » ont disparu. La confiance est revenue, le relationnel intervient dans 80 % des transactions, et les biens vendus au juste prix se vendent ! Il est plus intéressant de vendre pour racheter dans un marché baissier : les frais sont moindres. Les prix sont désormais stabilisés, et le constat reste le même : après chaque crise, le marché redémarre par le bas. Les biens vendus entre 150 et 200 000 € permettent une acquisition dans la tranche supérieure, de 200 à 250 000 €, etc. C'est cet effet d'entraînement qui permet de remonter progressivement le montant des transactions, et le volume est bien là.
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