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- La chronique

Petit, petit, petit…

Par Gabriel Milesi
Le 20/11/09

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Jouez hautbois, résonnez musettes… La reprise a été plus rapide que prévue, affirme l’OCDE. Nombreux sont les pays qui sont sortis de la récession dés le troisième trimestre et qui afficheront même un bilan positif sur l’ensemble de l’année. Ainsi la zone euro devrait enregistrer une croissance de 0,9% en 2009.

Quant à la Chine elle a retrouvé quasiment ses excellentes performances d’avant la crise. Mais, si ces chiffres sont encourageants, il ‘y a pas de quoi sabrer le champagne. Car si la reprise a été plus rapide que prévue, c’est une petite reprise qui attend la planète l’an prochain.

L’OCDE toujours, affirme que la France devra se contenter d’un modeste 1,1% de progression de son activité économique et que taux de chômage devrait franchir le cap des 10%. Ceci explique probablement cela. Toutefois l’OCDE semble oublier de prendre en compte dans ses prévisions, le grand emprunt.

Serait-ce parce qu’il est devenu lui aussi tout petit. Les ambitions ont rétréci au lavage des critiques internationales. La France risquait, pour cause d’endettement excessif de perdre sa bonne note sur les marchés, ce qui aurait renchérit le coût de ses levées de fonds. Et comme, emprunter auprès des Français aurait aussi coûté plus cher, exit l’appel à l’épargne nationale. Et comme il ne fallait pas, non plus trop forcer la note, prés de la moitié des 35 milliards ainsi levés viendra du remboursement par les banques des sommes que l’Etat leur avait avancé au plus fort de la crise.

Mais petit où pas, cet emprunt servira à financer l’avenir, la recherche, les universités, le numérique, les nouvelles énergies… Permettra-t-il de consolider la reprise ? Pas dans l’immédiat en tout cas. Et comme la somme la somme globale est minime et que l’on court tous les lièvres à la fois, on peut douter des résultats.

A plus forte raison si cet argent va dans de multiples divers et variés organismes d’Etat et non dans les centres de recherche des entreprises. Car le nerf de la guerre reste la compétitivité des entreprises.

Certes le gouvernement a décidé, à cette fin, de supprimer la taxe professionnelle, cet « impôt imbécile », comme disait François Mitterrand, puisqu’il frappe essentiellement les investissements. La levée de bouclier des élus locaux peut faire craindre le pire.

L’Etat a promis de compenser mais les maires et autres conseillers généraux savent bien qu’ils ne pourront plus jouer désormais que sur la taxe d’habitation pour maintenir leur train de vie. Or, augmenter les impôts des électeurs n’est jamais très populaire ; diminuer les dépenses non plus.

Et comme cette réforme arrive aussi, en même temps que celle de l’organisation territoriale qui devrait se traduire par une réduction importante du nombre de sièges à pourvoir, on comprend la grogne des élus.

Il faut donc craindre que cette grande réforme se réduise, à son tour comme peau de chagrin. L’heure semble donc aujourd’hui au « small is beautiful ». Les promesses sont grandes, les résultats petits.

La crise est nous dit-on, sur le point de se terminer mais avec le chômage qui augmente encore, il ne faudrait pas que le gouvernement joue petit bras sous peine de casser le moral des ménages et donc le moteur de la consommation. Les grandes annonces suivies de petits effets ne sont pas de nature ni à éclaircir l’horizon ni à redonner confiance, le carburant qui manque le plus à l’économie.



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