Les Français sont sceptiques. D’une part, ils estiment que les prix de l’immobilier vont encore baisser. D’autre part ils sont inquiets de l’avenir. Le pouvoir d’achat est en berne et l’avenir de l’emploi incertain.
La FNAIM, cependant, dans sa dernière enquête estime que l’on approche de la fin de la baisse des prix. Et elle se plaint du manque de biens à vendre. Car les vendeurs en effet, veulent croire en majorité, que les prix ont touché le fond et qu’ils devraient maintenant remonter.
Les uns et les autres ne doivent en tout cas compter ni sur les Anglais ni sur les Américains pour faire doper l’immobilier français. La livre est dans les choux, le dollar est sorti des clous.
Les acheteurs étrangers – à l’exception bien sûr de ceux qui gagnent des euros - qui faisaient grimper les cours en France restent chez eux car nous sommes devenus, à l’aulne de leur portefeuille, hors de prix.
Tant mieux diront les acquéreurs potentiels ! Mais ils devraient profiter de la situation car, comme pourraient le dire les astrologues nous sommes dans une conjonction favorable.
La concurrence étrangère est quasiment éliminée. Les taux d’intérêts sont à un niveau très bas. Et comme l’indice des prix a encore reculé le mois dernier, les taux d’intérêt réels ne cessent de diminuer et d’augmenter du même coup le pouvoir d’achat.
Cela va-t-il durer ? Rien n’est moins sûr car la situation monétaire internationale est inquiétante et que peut tout changer.
La livre ? C’est le problème des Anglais qui ont préféré rester fidèle à la Reine et qui n’ont pas voulu rejoindre le bouclier monétaire européen. Tant pis pour eux.
La monnaie américaine, en revanche, c’est notre problème à tous ! En un rien de temps, depuis mars dernier, le billet vert a perdu 15% de sa valeur. Or le petit bout de papier à l’effigie de Washington fait la pluie et le beau temps dans le monde entier puisque c’est lui qui sert de monnaie d’échange et de référence. Un crash du dollar serait le déclenchement d’une nouvelle crise. Plus grave encore que celle que nous connaissons.
Face aux incertitudes de l’économie américaine, les investisseurs se réfugient vers des placements plus sûrs et notamment l’euro ou l’or. Le métal jaune flambe et le mouvement ne semble pas prés de s’arrêter. Pas plus que la chute du dollar.
En effet, l’Amérique inquiète. Le déficit budgétaire est proche des 10% du PIB contre 3% en 2008. L’énorme plan de relance a creusé un grand trou sans grands résultats.
A cela il faut encore ajouter la spéculation qui saute à pieds joints dans toutes les failles. Certains pays comme l’Australie viennent de remonter leurs taux. Il est tentant d’emprunter dans les pays ou les taux sont bas, comme les Etats-Unis pour les replacer là où ils sont plus élevés.
Dans ces conditions, faut-il s’attendre à un décrochage encore plus violent de la monnaie américaine. Rien n’est exclu mais beaucoup y perdraient à commencer par la Chine qui détient d’importantes quantités de dollars. Toutefois, selon les dernières statistiques des banques centrales on constate que de plus en plus de pays diversifient leurs réserves au profit de l’euro. De plus, la rumeur court que les pays exportateurs de pétrole envisageraient de remplacer le billet vert par l’euro et un peu de métal jaune. La rumeur a été démentie mais le mal est fait.
Cette chute du dollar ne fait pas les affaires de l’économie européenne encore chancelante, car elle doit affronter des produits américains beaucoup moins chers. Et cela risque de se traduire par une nouvelle couche de licenciements.
Cette situation cependant, laisse espérer que les taux d’intérêts resteront, pour le moment, à un niveau faible. Si la Banque centrale européenne décidait une hausse elle pourrait, en effet, précipiter le dollar aux enfers.
La solution serait, à l’inverse, une remontée des taux américains qui permettrait aux autres pays d’en faire autant au fur et à mesure de l’amélioration des économies.
Dans ce cas, faut-il attendre encore pour acheter de l’immobilier ? Rien n’est moins sur, si l’on trouve l’idéal pour abriter son bonheur.
Les Rothschild disaient, à propos de la bourse : « nous avons fait fortune en vendant trop tôt ». Espérer donc, n’est jamais la meilleure solution. D’autant que l’immobilier n’est pas une action mais une action pour la vie.