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- La chronique

Quand il n’y en a plus, il y a encore !

Par Gabriel Milesi
Le 05/10/09

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Le gouvernement vient de décréter deux principes que tout le monde approuvera.

Premier principe : tous les revenus doivent payer l’impôt sans exception. Ainsi, après avoir débusqué une pléiade de nouveaux secteurs à taxer, les experts de Bercy viennent de découvrir de nouveaux filons : les indemnités maladies, les indemnités de départ à la retraite, et les transmissions des capitaux investis en assurance vie au moment du décès. Pour les premières, il est vrai qu’il s’agit de revenus. Pour la dernière, le raisonnement s’applique à la serpe. Sont ce des revenus ? Non puisqu’il s’agit d’une épargne accumulée qui a déjà payé l’impôt ! Au pire, l’Etat pourrait envisager de frapper les seuls intérêts.

Mais n’est ce pas l’Etat lui-même qui a incité les Français a souscrire des assurances vie en offrant des avantages fiscaux ? Il s’agissait alors, de les pousser à se constituer une retraite, sachant que le système par répartition avait du plomb dans l’aile de la démographie. Ce qui reste d’actualité ! Ce faisant, l’Etat revient sur le sacro-saint principe de la non rétroactivité des lois. Que dirait-on d’une banque qui augmenterait, en cours de route, les taux sur les prêts qu’elle vous a accordé ? D’un commerçant qui changerait les prix au moment de l’addition ? Avec de tels raisonnements on finira par imposer les plans d’épargne logement, le livret A et autres produits exonérés ?

Le deuxième principe consiste à tout repeindre en vert. Au-delà de la taxe carbone, le budget 2010 revient, en effet, sur bon nombre de décisions. Ainsi les crédits d’impôts sur les intérêts d’emprunts seront désormais réservés aux logements qui respectent la norme « basse consommation (BBC)». Le Scellier sera moins généreux pour les non « BBC ». Le malus automobile sera durci, la TVA réduite sur les climatiseurs sera supprimée et les régions seront autorisées à augmenter la TIPP, la taxe intérieure sur les produits pétroliers, ce qui augmentera la facture pour les uns et réduira les compensations de la taxe carbone pour les autres.

Dans un pays qui se veut un modèle d’égalité et un modèle de lutte contre le réchauffement de la planète, le choix est habile ! Il est vrai qu’il y a le feu au lac. Le gouffre des déficits devraient atteindre 8,2% du PIB cette année au lieu des 2% prévus par le traité de Maastricht. Quant à la dette, elle représentera 83% du PIB en 2010, 88% en 2012.

Or tous les économistes savent qu’au delà de 80% il n’est plus possible de revenir en arrière, le paiement des seuls intérêts dévorant toute possibilité. Certes, il y a la crise. Pour la surmonter, il était logique de laisser aller les dépenses tout en sachant que les recettes ne seraient pas au rendez vous. Mais la crise a bon dos. La situation ne sera pas meilleure lorsque les beaux jours reviendront. Pour éviter de casser la reprise, le gouvernement a choisi de ne pas augmenter les prélèvements obligatoires. Ce qui ne l’empêche pas de trouver moultes astuces faire rentrer de l’argent.

Et pendant ce temps, municipalités, départements, régions s’en donnent à cœur joie. Les impôts locaux flambent. A Paris, par exemple, la taxe foncière grimpe de 47%. Mais peu importe car les élections viennent d’avoir lieu ! Quant il faut trouver de l’argent, il est plus facile d’ajouter quelques pourcentages de taxes plutôt que de revoir les dépenses. Le principal moteur de l’économie reste la consommation mais qu’en restera-t-il avec de telles pressions sur le pouvoir d’achat, l’idée désormais introduite qu’on ne peut se fier à la parole de l’Etat et la montée du chômage.

Qu’en restera-t-il quand le vital secteur du bâtiment, se voit ainsi frappé de toute parts, que tout ce qui pouvait le relancer est raboté, que toutes les mesures adoptées risquent de décourager les investisseurs ? La France (l’Etat, la classe politique), est en train de démontrer qu’elle a choisi la voie du bricolage pour tenter de passer le cap car elle est incapable de réduire ses déficits structurels faute de vouloir baisser massivement son train de vie.



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