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- La chronique

BASTA !

Par Gabriel Milesi
Le 16/09/09

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Savez-vous ce qu’est que gouverner, aurait pu écrire Madame de Sévigné ? Eh bien, c’est se réveiller le matin en se demandant: « qu’est-ce que je pourrais interdire aujourd’hui ou qu’est-ce que je pourrais taxer »? Le pire c’est que cela n’a rien à voir avec les opinions. Non, tout cela, continuerait la comtesse, dépendrait de l’air du temps. La mode est aujourd’hui à la culpabilisation. L’interdiction est devenue un règle parce qu’elle montre du doigt certains et fait plaisir à beaucoup. La mode, c’est aussi faire semblant d’être soucieux de justice sociale.

Les maires, les présidents des conseils généraux ou départementaux, et les ministres, tous d’ailleurs, plus ou moins issus de la génération de 1968, n’ont que cela en tête, eux qui disaient: « Il est interdit d’interdire ». Mais passons sur ces retours au passé, qui peuvent faire grincer !

Le plus grave aujourd’hui, c’est que les hommes politiques, lorsqu’ils arrivent au pouvoir suprême, celui de pouvoir utiliser l’arme fiscale, n’ont plus qu’un seul souci, combler les trous. Car, ils en ont ouvert des trous, à force de démagogie ! Les soixante-huitards ou leurs descendants directs ont revêtu les habits du sapeur camembert : « il y a un trou, j’en ouvre un autre pour le boucher. » Prenons un exemple et si vous le voulez bien, celui de la Sécurité sociale. Une institution admirable à laquelle les Français sont très attachés !

Mais voilà que cette Sécurité sociale est en faillite car il n’y a plus assez de travailleurs qui ont un emploi pour la financer. La faute en est à la globalisation et au vieillissement de la population. Nos compatriotes vivent désormais beaucoup plus vieux, ce qui coûte de plus en plus cher. Pour compenser les trous, on a envisagé d’augmenter le forfait hospitalier, de « dérembourser » des médicaments. Mais cela ne suffit pas, alors que faire ?

Tous les matins, nos hommes politiques se réveillent en se demandant : « qu’est-ce que nous n’avons pas encore taxé ? ».

Eric Woerth, le ministre du budget, a trouvé la solution: les plus-values mobilières et immobilières qui sont encore exonérées. Tout le monde en conviendra, c’est anormal ! En réalité, il s’agit désormais de faire payer les classes laborieuses, ceux qui travaillent, qui contribuent à l’avenir de la nation, ceux qui ont mis un peu d’argent de coté. Les mobilières ? Les petits portefeuilles d’actions. Jusqu’ici, le système exonère ceux qui placent un peu d’argent en bourse, qui restent fidèles à leur placement, les tout petits épargnants, ceux qui ne spéculent pas.

Les immobilières ? Il s’agit des propriétaires de leur résidence principale qui sont exonérés de taxe sur les plus-values lorsqu’ils revendent leur appartement ou leur maison. Et au nom de la justice et de la culpabilité, petit à petit, la France devient champion du monde… des taxations, en prétendant qu’il faut taxer davantage le capital que le travail. En oubliant que celui qui s’est endetté, et qui mois après mois, a mis de l’argent de côté pour financer l’argent de son appartement, acheté à crédit, le jour où il divorce, le jour où il part à la retraite, le jour où il doit partir vivre ailleurs parce que son entreprise l’exige, au nom de quel principe devrait-il payer une taxe sur les plus-values ?

Les économies qu’il a consacré à cet achat ont déjà payé l’impôt. Tous les ans, au moment de l’impôt sur le revenu ! Elles le paieront encore lorsqu’il disparaîtra et qu’il léguera cet appartement à ses enfants. Combien de fois l’Etat doit-il taxer les mêmes revenus du travail pour boucler ses fins de mois, au nom de la justice sociale.

La réalité, Madame la Marquise, c’est que plus rien ne va dans l’actuel Royaume de France. Et que toutes les réformes restent à faire. Ce ne sont ni les riches ni les pauvres qu’il faut taxer, c’est tout remettre à plat et inventer une fiscalité moins chère et plus efficace.

Gabriel Milesi



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