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- La chronique

Taxer pour changer

Par Gabriel Milesi
Le 03/09/09

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« En France, disait Clemenceau, quand il y a un problème, on créé une commission ». Le système, depuis c’est amélioré….Désormais pour le compléter, on crée une taxe. La planète se réchauffe, pour la refroidir, voilà la « taxe carbone » ! Le principe en soi n’est pas mauvais. Qui pollue paie !

Il a été efficace pour l’assainissement de l’eau. Il devrait l’être pour celui de l’air. La différence, la grande différence c’est que cette fois, nul n’y échappera : les propriétaires de 4x4, comme ceux de voitures modestes ; les entreprises comme les particuliers; les petits retraités comme les propriétaires d’immeubles…

Bien sur, la taxe sera proportionnelle au rejet de C02 mais la surprise sera cruelle pour la grande majorité des Français. Le petit retraité qui vit chichement au fin fond d’un département rural, soumis à un rude climat hivernal, équipé pour se chauffer d’une chaudière à mazout va voir sa note flamber tout comme celui qui n’a d’autre choix que de prendre sa voiture pour aller à l’usine située à dix, vingt, trente kilomètre de son domicile.

Alors que dans le même temps on encourage la mobilité. Ségolène Royal a dénoncé cette idée. Les Verts lui sont aussitôt tombé dessus sous le prétexte que seule la punition fiscale pouvait changer le comportement des Français. Mais comment changer de comportement quand aucune autre solution n’est disponible ?

Comment se rendre à son travail quand il n’existe ni métro, ni bus, ni vé’lib ? Comment remplacer sa vieille chaudière par des panneaux solaires quand on a du mal à boucler les fins de mois ? Avec quelles ressources payer une taxe supplémentaire quand on est en pleine crise, que les lendemains sont incertains, les impôts accablants et le pouvoir d’achat en berne ?

Le gouvernement a promis que cette nouvelle taxe serait intégralement compensée pour les plus faibles, qu’il n’y aurait pas d’accroissement de la fiscalité. Et pour y parvenir on envisage du bricolage fiscal. Le discours est connu. Les résultats aussi. Il se terminent toujours par la même conclusion : « Je te rends d’une main un peu de ce que je t’ai pris de l’autre et selon mes besoins j’en garde plus ou moins pour moi ».

Une fois de plus la France, règle les problèmes à coup d’impôts. Bien sur cela plait aux bobos des quartiers urbains qui n’auront aucun souci pour payer quelques centaines d’euros de plus. Mais c’est oublier que nous ne sommes pas seuls au monde.

A quoi cela sert-il de pénaliser nos entreprises quand personne ne le fait autour de nous ? Pour donner l’exemple ? Et dans un marché immobilier difficile, fragile, en grande difficulté, le risque est grand de voir basculer les prix en fonction des équipements énergétiques. Une fois de plus la France pratique la punition.

Les pères fondateurs de la République avaient émis le principe que chacun devait contribuer à la vie du pays selon ses moyens, responsabilisant ainsi tous les citoyens. Les politiques, souvent par démagogie, ont exonéré à tout de bras pour gagner des voix et du même coup changé ce principe pour faire de la fiscalité un outil soit incitatif, soit punitif.

Comme l’Etat est aujourd’hui impécunieux, il revient sur l’incitatif et accélère le punitif. Démagogiquement le principe est plus rentable. Comme chacun se sent coupable, tout le monde accepte. Mais au passage nous avons perdu et la responsabilité et l’efficacité.



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