Et si la crise c’était la fin d’un monde ? La fin de la colonisation, la fin de la prédominance des pays riches sur les autres, la fin du « je veux tout pour moi »….
Tout le monde attend la reprise. Elle devrait arriver, en principe, vers la fin du premier trimestre 2010. A condition toutefois que les pays riches changent d’attitude et acceptent de prendre en compte les revendications de leurs partenaires.
Longtemps a existé le G7, qui réunissait les sept pays les plus importants du monde. Puis est venu, le G8, qui a englobé la Russie, et nous voilà maintenant passé dans l’ère du G20.
Tous les regards sont tournés aujourd’hui vers cette nouvelle entité qui englobe les pays riches et les BRIC, les pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil.
Pour ces derniers, ça va bien, merci ! Pour nous la situation est plus difficile.
La crise bancaire est presque terminée. La crise économique aussi.
Reste maintenant à affronter le double choc qui va en découler : choc social et choc de la dette. Si le pire de la crise semble être passé, elle est donc loin d’être résolue.
L’OCDE prévoit la destruction de 26 millions d’emplois supplémentaires d’ici à 2010 alors que le chômage est déjà à un niveau record.
Comment faire face à cette situation ? Comment peut on envisager un redémarrage de la consommation dans un monde où l’emploi est menacé, où l’avenir est incertain ? Comment peut on envisager un retour de la confiance alors que les pires incertitudes demeurent ?
Et, dans le même temps viennent de surgir les craintes liées à l’explosion de la dette des grands pays qui risquent de se traduire par une augmentation des taux d’intérêts.
Autrement dit, si la sortie du tunnel est en vue, rien n’indique que le paysage qui apparaîtra alors au bout, sera plus serein. Le cocktail en préparation est peu gustatif.
Explosion du chômage et hausse des taux d’intérêt ne sont guère favorables à une reprise de la consommation, qui reste encore le principal moteur de la croissance.
La réunion du G20 en septembre prochain sera donc capitale. D’abord parce que la reprise dépend en grande partie des pays dits émergents. Leurs économies sont déjà reparties et ils pourraient jouer le rôle de locomotive de l’économie mondiale jusqu’ici réservé aux pays riches. Ensuite parce qu’ils détiennent d’énormes réserves de dollar. Enfin, parce que leur attitude sera décisive pour l’avenir.
En septembre prochain, le sort du monde sera donc entre les mains du G20 qui représente prés de 80% de l’économie mondiale.
Mais pour l’instant le G20 n’est qu’une fiction. Il s’est réuni deux fois sans pour autant être devenu une institution pérenne. Les membres du G8 tiennent chacun, pour des raisons multiples et variées, à faire partie de ce que l’on a appelé « le directoire de la planète ». Et, jaloux de leur prérogative ils voient d’un mauvais œil s’avancer des gens qu’ils considéraient jusqu’ici comme marginaux. Pour ne pas dire pire !
Il se trouve cependant que désormais certains pays, comme la Chine ou l’Inde ont prit une place capitale sur l’échiquier économique mondial. Sans eux, il n’y aura point de salut ! Si le G20 de Pittsburgh ne débouche pas sur une entente, les risques sont grands d’un terrible tsunami économique.
En revanche, si l’on aboutit en septembre à une coordination mondiale, une coopération renforcée entre les pays riches et les pays émergents ce sera le signe que la planète ira de l’avant.
Pour la première fois dans l’histoire récente, les pays riches se retrouvent donc obligés de composer, contraints ou forcés. La crise pourrait alors déboucher sur un nouvel équilibre mondial.
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