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- La chronique

La France en tête

Par Gabriel Milesi
Le 19/05/09

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Ce n’est pas l’eurovision, c’est la cloche de la récession ! Les chiffres sont terribles. On n’avait pas vu cela depuis la création de l’euro : France : - 1,2% ; Allemagne : -3,8% ; Espagne : - 1,8% : Grande Bretagne : - 1,9% : Italie : - 2,4% et tout à l’avenant pour les pays de l’Europe de l’Est. En moyenne, la PIB de la zone euro recule au premier trimestre de 2,5%, une baisse sans précédent. Le grand R… celui que tous les dirigeants refusaient de prononcer, est arrivé ; le terrible « R » de récession.

Personne cependant ne se faisait d’illusions. Chacun courbait le dos en attendant les résultats. La surprise c’est la France ! Alors qu’elle n’en est qu’à son deuxième trimestre consécutif de baisse, les économies européennes, en moyenne, enregistrent un quatrième trimestre de chute de leur activité.
Et nos voisins de s’interroger sur le modèle français qui semble résister mieux que tout autre à la crise. Alors que le monde s’effondre, le coq français, même enroué, continue de chanter. Pourquoi ? Parce qu’il possède une splendide série d’amortisseurs.

Mais comme l’essentiel des échanges économiques a lieu entre pays européens ce qui doit arriver arrivera car nous sommes tous dans la même galère. Si nos voisins ne consomment plus, n’investissent plus, ne voyagent plus la France gardera son intelligence, son sens de l’innovation, ses services publics et ses merveilles sur les bras.

Notre stratégie, toutefois, pourrait avoir du bon. Voilà que les hommes les plus pessimistes de la planète, Jean Claude Trichet, patron de la BCE, Bernake, patron de la FED et même Dominique Strauss Khan, patron du FMI, commencent à parler de reprise. Les uns et les autres annoncent des dates différentes. DSK, qui était jusqu’ici le plus alarmiste vient de pronostiquer un virage vers la fin de l’année et une reprise au premier trimestre 2010.
Chacun toutefois, s’efforce de dire que la crise est loin d’être finie. DSK explique notamment que tant que toutes les banques n’auront pas fait le ménage dans leurs comptes il ne sera pas question de reprise. L’idée, toutefois, fait son chemin.

D’autant que la grippe porcine, mexicaine, A… (pourquoi change-t-on son nom sans cesse comme pour un virus mutant ?), semble désormais être sous contrôle. Et c’est le moment que choisi François Fillon, pour annoncer que rien ne changera dans la politique actuelle. Il assume l’accroissement de la dette, ce qui ne veut pas dire que les français d’une façon ou d’une autre ne la paieront pas. Il affirme qu’il n’y aura pas de hausse de la fiscalité, que la règle du non remplacement sur deux d’un fonctionnaire qui part à la retraite sera maintenue. Il annonce qu’une une deuxième vague d’économie sera mise en place dans le prochain budget pour limiter les dépenses sociales au regard d’un seul critère : l’équité…

Bref, après la crise, viendra le temps de la rigueur. Faut-il détruire demain, ce qui nous a sauvé aujourd’hui, nos fameux amortisseurs ?
Oui, parce que nous vivons des temps bizarres. Tout s’enflamme et tout retombe. Il y a quelques mois à peine, les prix des matières premières s’étaient envolés car l’on craignait une pénurie. Mais si la croissance repart, si la Chine, surtout, renoue avec la reprise, elle reviendra sur les marchés avec son immense appétit. Et les prix repartiront de l’avant.

La compétition aussi. Et dans le même moment, il faudra affronter les conséquences des multiples plans sociaux qui ont été décidés.

En clair, la France devrait subir l’an prochain le triple choc du chômage, de l’inflation et de la concurrence. Ne vaudrait-il pas mieux dans ce cas là, préserver les emplois publics ? Non car il vaut mieux avoir moins de fonctionnaires mieux payés et consacrer nos ressources aux amortisseurs sociaux. L’économie répond à des règles simples. Les vrais emplois sont ceux créés par l’activité, ceux qui répondent à des besoins, des marchés. Tripatouillages, relances, aides et subventions ne sont que des rideaux de fumée. Tôt ou tard la vérité fini par éclater. Si la France veut continuer à faire partie des bons élèves, elle doit d’abord mettre l’accent sur la compétitivité.



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