Quelques kilomètres séparent Capbreton de l'extrême sud des Landes, où les prix côté océan talonnent ceux du BAB voisin : la frontière est de plus en plus ténue avec le secteur Ondres-Tarnos-Boucau, véritable « deuxième couronne » bayonnaise. L'acquéreur en quête de petits prix ou de maisons de campagne aux terrains confortables devra donc prospecter au-delà de l'autoroute, de Saint-André-de-Seignanx à Peyrehorade. Maisons traditionnelles ou fermes des bords de l'Adour y séduisent une clientèle d'amateurs, tandis que les primo-accédants tentent de se tailler tant bien que mal la part du lion dans le neuf.
Les acquéreurs ont du mal à se décider, les visites peinent à déboucher sur des propositions concrètes. Le coeur du marché, ici, repose sur la maison individuelle d'environ 120 m², avec jardin et avoisinant les 200 000 euros. C'est encore trop cher, par exemple, pour un jeune couple en primo accession, qui ira prospecter plus à l'intérieur des terres, en direction d'Orthez. Les clients du BAB ne viennent pas jusqu'ici, à l'exception notable des militaires, toujours en quête de maisons de lotissement à prix abordables. Ils se tournent plus volontiers vers le secteur d'Orthevielle, après avoir été locataires à Bayonne. Nous sommes en revanche un marché de report pour Saint-Martin-de-Seignanx, où les prix pratiqués sont proches de ceux de l'agglomération Bayonne-Anglet-Biarritz.
Belles enveloppes
Dans une conjoncture assez déroutante, la clientèle dotée de beaux budgets, notamment à Saint-Martin-de-Seignanx, a tendance à se maintenir et continue de fonctionner au coup de coeur. J'ai ainsi vendu récemment à des clients espagnols une jolie maison contemporaine, aux belles prestations, donnant sur le marais d'Orx, pour environ 400 000 euros. Les belles villas de caractère séduisent encore. Deux propriétés du XVe siècle, situées dans le secteur de Saint-Martin-de-Seignanx, ont trouvé preneur récemment à 1 750 000 euros.
Jany Bullain, gérante de l'agence Britania Immo LTD,Peyrehorade et Saint-Martin-de-Seignanx
Actuellement, nous constatons une évolution qualitative de la demande, les acquéreurs présents ont de bons dossiers, prennent la peine de faire une étude financière avant de s'adresser à nous. Les clients sont de mieux en mieux informés, savent ce qu'ils veulent, ce qui n'enlève rien à notre devoir de conseil. Sur le secteur sud Landes, quelque 59 % de la clientèle en 2011 venait des Pyrénées-Atlantiques, majoritairement de l'agglomération BAB. Nous ne représentons pas pour autant un réel marché de report pour ces acquéreurs, qui viennent chercher ici avant tout de l'espace, de plus grands terrains et plus de confort. Les prix, stabilisés, ne sont pas en effet drastiquement inférieurs à ceux du BAB, et sont homogènes sur les secteurs de Boucau, Tarnos et Labenne. La maison individuelle constitue l'écrasante majorité des demandes. Au Boucau, un bien de ce type, de 130 m², avec petit jardin, s'est négocié récemment à 240 000 euros, un prix réaliste en regard du marché. À noter qu'un produit en mandat exclusif, correctement estimé, se vendra sur une période de deux à trois mois, mais trop de biens sont encore surévalués par les vendeurs.
Tous proprio !
Dans ce contexte, les primo-accédants se reportent sur les appartements ou les petites maisons, dans des budgets oscillant entre 120 000 et 160 000 euros. À titre d'exemple, de jeunes acquéreurs ont récemment fait l'acquisition d'un deux pièces de 36 m², pour 122 000 euros.
René Bach, directeur de l'agence ERA Sud Landes Immobilier, Tarnos
En ce moment, la pierre représente plus que jamais une valeur refuge : une nouvelle clientèle transpose en effet son épargne en produits immobiliers plutôt que financiers. Nous sommes dans une époque d'achat de raison, les budgets sont réduits. Sur une même typologie de produits, la maison de lotissement, par exemple, les prix ont été revus à la baisse. Un T4 avec un terrain de 600 m² se négociait environ 300 000 euros à Labenne ou Tarnos, il y a encore quatre ans, et se vend aujourd'hui 250 000 euros. Le neuf représente un tiers de nos ventes, et séduit majoritairement les primo-accédants qui, grâce aux financements aidés comme le PTZ+, trouvent l'équivalent des prix dans l'ancien avec travaux. Ainsi, ces groupes d'habitations de type T4 avec garage sont proposés à Ondres au prix de 240 000 euros. Le sud Landes reste un peu moins cher que le secteur d'Hossegor, pourtant proche. Cela se traduit par un prix au mètre carré s'échelonnant entre 5 000 et 6 000 euros, pour des produits bien placés à Capbreton, et à 2 800 euros, voire moins, à Tarnos.
Rentabilité ou plus-value
Les investisseurs sont toujours à l'affût de petites surfaces dans le neuf. Mais il leur faut choisir entre rentabilité locative ou plus-value. Ainsi, un T2 avec jolie vue, en bord de mer, s'est négocié 250 000 euros, pour un loyer de 650 euros. À l'intérieur des terres, le même type de biens se trouve à 130 000 euros, et se loue environ 500 euros.
Jean-Dominique Moné, gérant des agences Orpi Moné, Capbreton, Tarnos et Labenne
2011 n'est pas une très grande année en terme de chiffre d'affaires, mais il faut tout de même noter que notre agence du secteur de Tarnos n'a ouvert que récemment. Les primo-accédants, qui constituent 50 % de notre clientèle, sont les premiers touchés par la conjoncture. La proximité du littoral maintenant les prix élevés, ils sont donc obligés de prospecter toujours plus vers l'intérieur des terres pour trouver des opportunités. Saint-Geours-de-Marenne ou Saint-Vincent-de-Tyrosse restent plus abordables que le côté océan, la « banlieue » du BAB s'étendant aujourd'hui jusqu'à Ondres. Dans ces communes, il faut compter un budget de 200 000, voire 210 000 euros pour se porter acquéreur d'une maison ancienne de 90 m². Le même produit sur l'agglomération BAB se négociera, lui, entre 250 000 et 260 000 euros.
Accéder au neuf
En primo accession, le prix des terrains n'a pas suffisamment baissé pour être attractif. En revanche, certains programmes neufs offrent encore des prix raisonnables. Nous proposons, par exemple, en VEFA, à Saint-Geours-de-Maremne, des maisons mitoyennes de 80 m² en R+ 1, avec garage et jardin privatif de 130 m², pour 159 000 euros. On y trouvera aussi des T4 de 72 m², avec un plus petit terrain, sans garage, à 146 500 euros. De plus, ce sont des logements idéaux en premier achat, qui ne posent aucun problème de revente.
Alain Placenti, directeur des agences Square Habitat sud Landes
![]() ÉCONOMIE Du foncier disponible... pour les grandes surfaces Hormis le tourisme, le bassin d'emploi s'étoffe sur le secteur sud Landes. La Commission nationale d'aménagement commercial a rendu son verdict concernant trois projets de la région, avec des issues différentes. « Atlantisud », qui prévoyait, à Saint-Geours-de-Maremne, un parc d'activités commerciales de 103 enseignes, ne verra pas le jour pour l'instant. Ondres devrait accueillir, en revanche, « Les Allées Shopping », hypermarché de 14 000 m², à une dizaine de kilomètres seulement au nord de Bayonne. Enfin, l'ensemble commercial de Mouguerre, au nord de Bayonne, a reçu le feu vert de la Commission, et pourra accueillir en son sein le « poids lourd » Ikea. Source : Journal Sud-Ouest, 27 octobre 2011 |
- autres PAROLES D'EXPERTS
240 000
C'est, en euros, le prix plancher moyen pour l'achat d'une maison ancienne sur le secteur de Labenne. Le prix plafond moyen pour le même type de bien est, lui, de 310 000 euros.
Notaires de France - Perval, juin 2011
2 700
C'est, en euros et au m², le prix plancher d'un appartement neuf sur le secteur de Tarnos, qui peut aller jusqu'à 3 280 euros/m² dans sa fourchette haute.
Notaires de France - Perval, juin 2011
254 250
C'est, en euros, le prix moyen d'une maison ancienne à Tarnos. Les écarts de prix y sont plus serrés qu'à Labenne, où ils oscillent entre 217 500 et 291 000 euros.
Notaires de France - Perval, juin 2011