À 2 h 30 de Paris et à quelques encablures de La Baule ou de Saint-Brévin, le marché nantais ne connaît pas de ralentissement. Victime de son succès, le centre-ville voit ses prix maintenus à la hausse, ce qui ne décourage ni les investisseurs, toujours très actifs sur le marché, ni les acquéreurs extérieurs, de plus en plus nombreux. Plus mobiles que la clientèle nantaise, souvent attachée à un quartier, ceux-ci privilégient pourtant le centre, appréciant l'échelle à taille humaine de la ville.
Les gens disposant d'un coquet patrimoine préfèrent le conserver, tandis que les « petits » propriétaires ont tendance à vendre. Cela est particulièrement vrai intramuros. Depuis environ huit mois, nous constatons une hausse des paiements au comptant de la part de clients désireux d'investir dans la pierre plutôt que dans un produit financier. Un appartement de 120 m², en très bon état, a été vendu à de jeunes investisseurs à 470 000 euros, quasiment sans emprunt. Cet achat privilégie le patrimoine plutôt que la rentabilité.
Très cher centre-ville
Les prix sont maintenus à la hausse intra-muros. Les quartiers les plus prisés deviennent difficiles d'accès en résidence principale, d'autant que le stock de biens à rénover s'amenuise. Dans l'hypercentre, le neuf, assez rare, devrait bientôt franchir la barre des 5 000 euros/m². Certains secteurs voient encore leurs estimations augmenter à la suite des aménagements dont ils font l'objet : c'est le cas des alentours de l'ancien palais de Justice, transformé en hôtel 5 étoiles. Un deux pièces de 50 m² vient de s'y vendre 170 000 euros.
Pascal Fouchault, gérant du Cabinet Fouchault, Nantes
Canclaux est l'un des rares quartiers intra-muros avec autant d'espaces verts, où l'on trouve de belles maisons de maître 1900, des pavillons des années 1940 ou 1950, ainsi que de petits lots. La mixité de l'habitat séduit une belle clientèle qui apprécie ce quartier privilégié, très calme, et qui rechigne à le quitter. Ainsi, des clients ont-ils acheté il y a quinze ans une grande maison bourgeoise adaptée à la vie de famille, estimée entre 900 000 et un million d'euros. Ils souhaitent aujourd'hui s'installer dans un espace plus restreint, sans quitter le secteur. Face à la rareté des biens, certains n'hésitent pas : une petite maison de 50 m², sur une parcelle de 130 m², s'est vendue 240 000 euros, pour être totalement reconstruite.
Vendeurs sous conditions
Nous avons eu beaucoup de prises de mandats suite à l'annonce de la réforme des plus-values. Cela ne s'est pas traduit systématiquement par des opportunités pour les acheteurs : les vendeurs calculent par rapport au montant exigé par l'état, n'acceptent pas n'importe quelle proposition. Je pense notamment à cet appartement de 55 m², en bon état, datant des années 1980, vendu 215 000 euros.
Rudy Guevel, directeur de l'agence Villa Canclaux, Nantes
ZOOM SUR... Dervallières, si loin, si proche Jouxtant Canclaux, le Vallon des Dervallières, l'un des plus anciens ensembles d'habitat social de la ville, n'est pourtant pas assimilé à celui-ci, particulièrement par les acquéreurs. Une maison proche de la cité, d'environ 350 m², sur une parcelle de 550 m², se négocie environ 450 000 euros, là où l'équivalent au coeur de Canclaux atteindrait environ 700 000 euros. Un vaste chantier de restructuration est lancé, visant à renouveler en profondeur le parc locatif. |
- autres PAROLES D'EXPERTS
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C'est, en euros et au m², le prix moyen haut d'un appartement ancien dans le centre de Nantes, toutes surfaces confondues. Le prix d'appel est, lui, de 2 320 euros/m².
Notaires de France - Perval, juin 2011