Le secteur de Brignoles offre un cadre de vie suffisamment agréable pour motiver les acquéreurs venus de Toulon ou Hyères, prêts à faire des concessions pour trouver calme et espace. Une attitude de plus en plus partagée par la clientèle des Alpes-Maritimes, échaudée par les prix du bord de mer. Les villages aux alentours de Brignoles séduisent toujours par leurs villas, tout en développant une offre locative d'appartements en coeur de ville. Parallèlement, dans ce coin de Provence où il fait bon vivre, le marché des terrains se développe, souvent par le biais de nombreuses divisions de parcelles.
Actuellement, les vendeurs affichent des prétentions trop élevées et les acquéreurs sont toujours plus exigeants. Les négociations sont d'autant plus âpres qu'il s'agit de petits produits. Ainsi, cette villa récente, sur 450 m² de terrain, affichée 229 000 euros et cédée à 195 000 euros FAI : elle aurait été vendue 220 000 euros il y a encore un an. Les primo-accédants, historiquement présents sur le secteur dans ces budgets, ont littéralement disparu. De plus en plus d'acheteurs se rabattent sur la construction. On peut trouver une parcelle de 1 000 m² pour 110 000 euros qui, avec une petite maison de constructeur, porte le coût global à 200 000 euros maximum. Nous avons de grands terrains, ainsi que beaucoup de détachements de parcelles sur Brignoles.
La valse des villages
Les jolis villages des alentours de Brignoles - La Roquebrussanne, Garéoult ou Rocbaron - se disputent la côte de popularité selon les périodes. Le secteur de Forcalqueiret est recherché pour son bon rapport surface-prix. J'ai l'exemple d'une maison vendue récemment à Besse-sur-Issole, de 115 m² habitables avec un beau terrain de 1 200 m² pour 410 000 euros, ou d'une autre, à Sainte-Anastasie-sur-Issole, sur 1 500 m² de terrain, qui a trouvé preneur à 395 000 euros. Les petits produits sont quasiment inexistants sur ces micromarchés, hormis dans l'offre très récente.
Stéphane Sporn, responsable de l'agence Solvimo Immobilier, Brignoles
Le marché a connu un vrai coup de frein à la rentrée. Les ventes du moment concernent surtout les produits estimés en dessous de 300 000 euros, qu'il s'agisse de maisons de village, d'appartements ou de petites maisons de lotissement. Le bien idéal reste la villa avec trois chambres, sur terrain de 1 000 à 1 500 m². Or, par ici, ce type de bien nécessite une enveloppe de 350 000 euros. Les budgets ont été revus à la baisse, nous n'avons que très peu de demandes, par exemple, pour des maisons de 420 000 ou 450 000 euros. Les emprunts s'allongent, les négociations sont devenues systématiques. À La Roquebrussanne, une maison sur trois niveaux, sans extérieur, à rafraîchir, annoncée à 152 000 euros, s'est vendue très rapidement pour 147 000 euros. Il s'agit d'une exception, les propriétaires ont écouté notre estimation. À l'opposé, une maison à rénover est restée plus d'un an à la vente dans d'autres agences. Nous l'avons affichée à 90 000 euros, elle s'est vendue 83 000 FAI.
Service trois étoiles
Nous sommes fiers d'avoir obtenu trois étoiles dans le guide Couder Sélection immobilière, résultat d'un travail autour du rapport de confiance avec les clients. Ceux-ci peuvent voter sur leur site, et hiérarchiser les agences selon leur satisfaction. La situation est difficile pour certains vendeurs, nous les accompagnons aussi dans les situations compliquées.
Patricia Thepaut, gérante de l'agence du Soleil, La Roquebrussanne
En ce moment, le nombre important de visites crée le mouvement. La demande se concentre sur les petits budgets, entre 250 000 et 280 000 euros, correspondant, dans ce secteur, à une petite maison de lotissement, avec un terrain d'environ 400 m². L'offre excède largement la demande, il y a du choix et les acquéreurs se montrent de plus en plus gourmands - notamment en termes de prestations, pour des prix de plus en plus modiques -, et très regardants sur la performance des diagnostics. L'écart de négociation est poussé à 15, voire 20 %, nous sommes d'ailleurs obligés de maintenir une marge de précaution car il est acquis qu'il y aura forcément négociation. J'ai l'exemple d'une belle maison de 237 m², dotée d'un jardin de 700 m², en plein centre de Brignoles. Elle est annoncée à 385 000 euros et se vendra sans doute 365 000 euros, un prix qui représente la réalité du marché.
Espace et baignade
En résidence secondaire aussi, le marché marque le pas, les acquéreurs étrangers sont moins présents, même si la demande se maintient, en l'occurrence sur des budgets compris entre 300 000 et 400 000 euros avec, comme critère principal, la taille de la parcelle, au moins 2 000 m², et la présence d'une piscine. Au nord de Brignoles, le secteur de Cotignac séduit les acquéreurs en quête de maisons de caractère, dans des budgets compris entre 600 000 et 900 000 euros.
Sylvia De Zitter, gérante de l'agence Terre Immobilier, Flassans-sur-Issole
Après un excellent début d'année, le marché s'est essoufflé, avec une rentrée atone liée à la crise de confiance due à la conjoncture internationale. Nous voyons beaucoup de clients attendre une baisse des prix pour se positionner. Plus de 60 % des ventes de 2011 concernent des biens d'une valeur inférieure ou égale à 250 000 euros, ce qui correspond, par ici, à des maisons des années 1970 à 1980 à rénover. Rares sur le secteur dans cette tranche de prix, ces biens se vendent vite, parfois en moins d'une semaine, comme cette villa avec travaux d'environ 80 m², au Luc-en-Provence, à 210 000 euros. Au-delà de 350 000 euros, en revanche, le bien doit être irréprochable. Pour vendre, il faut pouvoir se démarquer, revendiquer des qualités, un emplacement privilégié, telle cette maison vendue 450 000 euros, à Draguignan. Il s'agissait d'une villa de 150 m², très bien entretenue, proposant des prestations de qualité, décoration actuelle, piscine.
Voisins Alpins
Nous ne somme pas un marché de report des grandes villes voisines. En revanche, situé sur un carrefour autoroutier, Le Luc-en-Provence attire de plus en plus d'acquéreurs venus des Alpes-Maritimes. J'ai l'exemple d'une maison de 90 m², sur un petit terrain, à rénover, vendue 190 000 euros. Le couple d'acheteurs n'aurait pu espérer un bien à ce prix dans sa région d'origine.
Jean-Luc Aprin, gérant de l'agence Concerto immobilier, Le Luc-en-Provence
![]() MARCHÉ LOCATIF Maisons cherchent appartements La demande locative sur le secteur rassure investisseurs et marchands de biens, séduits par les petits prix dans l'ancien, particulièrement les plateaux ou maisons de village à rénover entièrement, divisibles en appartements. Un logement de ce type, de 500 m² avec jardin de 70 m², à Brignoles, peut se négocier à un prix raisonnable, soit environ 350 000 euros. Une maison de village à Besse-sur-Issole, proposée à 220 000 euros, pourra accueillir un T3 au loyer prévu de 750 euros, deux grands garages, proposés à 100 euros, et un T2 qui se loue environ 400 à 450 euros sur le secteur. L'offre dans le neuf, toujours prompte à s'adapter à la demande, commence aussi à s'étoffer dans les villages. |
- autres PAROLES D'EXPERTS
195 500
C'est, en euros, le prix plancher pour une maison ancienne de quatre pièces sur le secteur de Brignoles. La fourchette haute est, elle, de 263 500 euros.
Notaires de France - Perval, mai 2011
144 000
C'est le prix moyen, en euros, pour l'achat d'un terrain à bâtir d'une surface comprise entre 2 500 et 5 000 m² sur le secteur de Brignoles.
Notaires de France - Perval, mai 2011
103 000
C'est, en euros, le prix moyen pour l'achat d'un terrain à bâtir d'une surface comprise entre 900 et 1 500 m² à Rocbaron.
Notaires de France - Perval, mai 2011