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Dossier spécial Basse-Normandie
 
PAROLES D'EXPERTS

ALENÇON, ET AU MILIEU COULE LA SARTHE


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Bordée par la Sarthe, entourée des forêts d'Écouves et de Perseigne, Alençon, à mi-chemin entre Paris et Rennes, jouit d'une belle situation au sud de la Normandie. La ville, dont la dentelle au point est classée au patrimoine mondial de l'Unesco, a su conserver une cohérence architecturale séduisante, avec ses constructions typiques en schiste. Mais la modernité n'est pas en reste. De quoi séduire des acquéreurs en quête d'un environnement de charme offrant toutes les commodités d'une petite ville de province bien animée.

Vue sur la Sarthe et l'église Notre-Dame d'Alençon.
Vue sur la Sarthe et l'église Notre-Dame d'Alençon. . © Fotolia / DR

ALENÇON DEVIENT TRÈS ATTRACTIVE ET MÉRITE VRAIMENT D'ÊTRE CONNUE

© Fotolia / DR

Actuellement, notre activité est un peu freinée par la morosité ambiante, l'environnement économique un peu fade et l'augmentation des taux d'intérêt. L'essentiel de nos ventes se concentre sur les demandes des primo-accédants pour des budgets compris entre 100 000 et 150 000 euros. Au-delà, nous sommes sur une catégorie de clientèle aux revenus moyens qui est un peu absente du marché ces derniers temps. Il faut dire que les propriétaires ont parfois tendance à surestimer leurs biens, ce qui crée une tension et qui allonge de fait les délais de vente. Sur les produits hauts de gamme, en revanche, le marché est toujours actif. Ainsi, les maisons de caractère proposant de belles prestations et se négociant entre 350 000 et 400 000 euros, trouvent vite preneur.

Secondaire francilien
Bien reliée à Caen et à Paris via une bretelle autoroutière facile d'accès, Alençon ne manque pas d'attirer des acquéreurs franciliens en résidence secondaire pour ses demeures normandes typiques et ses belles longères, dans sa proche campagne. Sans oublier que la ville peut aussi s'enorgueillir d'une belle architecture et de nombreux espaces verts et de plans d'eau, mais aussi de toutes les commodités d'usage dans le centreville, pour satisfaire une clientèle plus citadine. Côté appartement, en effet, le marché se maintient : lorsqu'un bien bénéficie d'une position centrale, il trouve preneur très rapidement.

Christian Lair, directeur de l'agence Lair Immobilier, Alençon

IL Y A UNE VÉRITABLE DIFFÉRENCE ENTRE LES SOUHAITS DES ACQUÉREURS ET LEURS POSSIBILITÉS D'ACHAT

© Fotolia / DR

Depuis quelques temps, le marché est malheureusement un peu tendu. Comme sur beaucoup de secteurs, nous constatons une différence patente entre l'offre et la demande, notamment sur des biens qui ont été achetés plein pot avant la crise de 2008, et que les propriétaires souhaitent revendre sans perdre trop d'argent. Ce qui reste compréhensible. Mais du point de vue des acquéreurs potentiels, dont les enveloppes budgétaires s'amenuisent en raison de la remontée des taux bancaires, la situation est loin d'être évidente. L'essentiel de la demande porte sur des maisons en pierre et de ville, pour un budget avoisinant les 150 000 euros. Mais dans la réalité, une telle somme permet tout juste de faire l'acquisition d'un pavillon des années 1980.

Cadre agréable
Pour les appartements de types T3 ou T4 dans des résidences des années 1960-1970, les offres varient entre 60 000 et 85 000 euros. Mais là encore, les acheteurs disposant d'un budget de cet acabit souhaiteraient plutôt investir dans de petits immeubles indépendants entourés de verdure, avec des frais de copropriétés réduits et peu de travaux. Une demande difficile à combler. Il faut dire qu'Alençon propose une qualité de vie indéniable et de nombreux atouts pratiques, avec des projets en cours pour faciliter les accès vers Rouen, Caen et Le Mans. Ce qui manque, en revanche, c'est une liaison TGV directe avec la capitale.

Amélie Acket, gérante de l'agence 4 % Immobilier, Alençon

L'ESSENTIEL DES DEMANDES CONCERNE DES PRODUITS AUX ALENTOURS DE 160 000 EUROS

© Fotolia / DR

Quelle que soit la conjoncture, l'immobilier reste toujours une valeur refuge. De fait, au sein de notre agence, les ventes se sont accélérées depuis le début de l'année et les signes de reprise se multiplient, malgré la stagnation des prix. De plus, même si les taux d'intérêt ont augmenté, ils restent encore compétitifs. Ce qui change, ce sont les durées d'emprunt, plus longues, qui réduisent de fait le niveau des mensualités. Une tendance qui reste somme toute incitative vis-à-vis des possibilités d'achat.

Savants calculs
En tant que préfecture de l'Orne, Alençon propose de nombreux commerces et services et profite aussi d'une bonne desserte, au croisement de la N12 et de l'axe Caen-Le Mans, renforcée depuis 2005 par l'achèvement de l'autoroute A28. Côté marché, la demande des ménages se concentre autour de deux catégories. D'une part, les produits se négociant à un tarif inférieur ou égal à 160 000 euros et, d'autre part, les biens supérieurs à 210 000 euros. Un contexte qui s'explique par un lien de cause à effet entre le revenu moyen des actifs alençonnais et leur capacité d'emprunt. De fait, si nous considérons que le salaire net moyen est ici de 1 560 euros par tête, un ménage lambda peut rembourser environ 1 000 euros par mois sur vingt ans, ce qui correspond à une enveloppe budgétaire d'environ... 160 000 euros ! Et c'est là l'essentiel de nos demandes.

Tatiana Huet Transon, gérante de l'agence Immodom, Champfleur

LES CLIENTS SONT TRÈS DEMANDEURS DE BIENS NEUFS, MAIS ILS SONT RARES EN PORTEFEUILLE

Actuellement, nous pressentons une légère reprise au niveau des contacts, tandis que les prix restent stables. En effet, nous disposons de nombreux produits en portefeuille, qu'il s'agisse de maisons ou d'appartements. En ce moment, le coeur de l'offre est représenté par les pavillons des années 1950 à 1980, ce qui ne correspond pas forcément aux souhaits des acquéreurs potentiels, dont les goûts vont plutôt aux maisons de charme en pierre ou aux demeures contemporaines. Bien souvent, d'ailleurs, s'ils ne trouvent pas chaussures à leur pied, ces mêmes acquéreurs optent pour la construction de leur bien, notamment sur les communes limitrophes d'Alençon qui possèdent, elles aussi, toutes les commodités nécessaires à une bonne qualité de vie.

Va et vient
Sur Alençon, du fait de son tissu industriel moyen, les acheteurs qui arrivent de l'extérieur sont le plus souvent des personnes âgées qui souhaitent se rapprocher du centre-ville. Alors que les jeunes, eux, ont tendance à s'en éloigner. Intra-muros, les quartiers proches de la Promenade sont privilégiés, tout comme ceux de Lancrel, Montsort et Saint-Léonard. Ici, les appartements en résidence des années 1980 ont le dessus sur les produits plus anciens. Dans tous les cas, la chasse à la performance en terme de DPE est plus que jamais un critère d'achat.

Franck Toreau, négociateur de l'agence Lemaître Immobilier, Alençon

Sur de bons rails
ZOOM SUR...

Sur de bons rails
À l'horizon 2013, Alençon devrait se doter d'une nouvelle gare. Un projet d'aménagement qui s'inscrit dans le programme ferroviaire des régions Basse-Normandie et Pays de la Loire. La mise en conformité prévoit le rehaussement des quais et la réalisation d'une passerelle jusqu'au parking de la rue de Verdun, de façon à créer une ouverture entre la gare et la partie est de la ville. Cette nouvelle liaison favorisera l'offre en cadencement de TER avec la gare TGV voisine du Mans. Sans compter les possibilités de rayonnement vers Paris, Caen, Tours et Rennes. Un atout important pour Alençon, qui va également voir un parc des expositions se construire sur son territoire, afin d'accueillir événements sportifs et manifestations variées.

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TOUT SAVOIR SUR
LES CHIFFRES

127 800

C'est le prix plafond, en euros, pour l'achat d'une maison ancienne sur Alençon, dans le quartier Courteille. Le ticket d'entrée est, quant à lui, de 101 000 euros.

Notaires de France - Perval, février 2011

31 300

C'est le prix moyen, en euros, pour l'achat d'un terrain de 600 à 900 m² sur le secteur d'Alençon. Une surface identique se négociera 27 500 euros sur la localité voisine d'Argentan.

Notaires de France - Perval, février 2011

36

C'est, en pourcentage, l'augmentation du nombre d'entreprises venues s'installer dans la communauté urbaine d'Alençon ces dix dernières années. De plus, la ville possède le 2e pôle de plasturgie à l'échelle nationale.

Communauté urbaine d'Alençon, 2011

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