Des falaises de la Hague aux landes sauvages du Val de Saire, en passant par la ville portuaire de Cherbourg, le Nord Cotentin combine le charme d'une terre sauvage aux paysages préservés et l'énergie d'un tissu économique très dynamique. Une alchimie qui ne manque pas de séduire acquéreurs locaux et d'ailleurs, désireux de profiter des richesses de cette belle région à des prix encore raisonnables.
Actuellement, le marché est un peu tendu à Cherbourg. Notamment à cause de la remonté des taux de crédit. Nous travaillons beaucoup avec des primo-accédants, dont la capacité à emprunter a diminué de ce fait. Sans compter la difficulté à convaincre les vendeurs d'ajuster leurs prix à ceux du marché. Le budget moyen dont disposent les acquéreurs est situé aux environs de 160 000 euros pour une maison de ville avec petite cour ou jardinet, mais aussi pour une maison de lotissement assise sur 400 m² à 500 m² de terrain sur la communauté urbaine de Cherbourg.
Beaux quartiers
Le quartier de La Bucaille, avec ses belles maisons bourgeoises, tire encore et toujours son épingle du jeu. Dernièrement, nous y avons vendu une maison de 260 m² habitables avec dix pièces principales et un joli terrain pour 442 000 euros. Ce type de bien correspond davantage aux moyens des secundo-accédants, qui reviennent doucement sur le marché. Le quartier Pasteur, proche de l'hôpital, ainsi qu'un nouveau quartier qui a vu le jour à proximité de Tourlaville, sont très convoités des acheteurs, essentiellement locaux, même s'il nous arrive de rencontrer des techniciens nucléaires, au gré des mutations liées à la mise en place de l'EPR (European Pressurised Reactor) sur la centrale de Flamanville.
Hervé Regnault, directeur de l'agence Century 21 Regnault, Cherbourg
Aujourd'hui, le marché de Cherbourg semble avoir repris son rythme d'avant crise, surtout en termes de volume de transactions. Après un petit flottement, les programmes neufs sont repartis sur le troisième trimestre 2010. Jusqu'à la fin de l'année, les effets positifs de la loi Scellier se sont fait ressentir. Et en cette période de déclaration d'impôt, le marché du neuf frémit à nouveau grâce aux investisseurs cherchant de bonnes options de défiscalisation dans la pierre.
Pas d'effet levier
En revanche, concernant les maisons individuelles, l'effet escompté du nouveau PTZ+ n'est pas flagrant. Les ventes n'ont pas été boostées comme nous l'aurions souhaité. Sur ce type de biens, notre clientèle est surtout locale et peu spéculative. Les transactions se font parce que la famille s'agrandit, pour des raisons de mutation professionnelle ou encore pour cause de divorce. Au-delà de Cherbourg et des traditionnels quartiers de La Bucaille, du Voeu ou de la Divette, les villes de la communauté urbaine de Cherbourg sont également très prisées. D'autant que les taxes foncières y sont souvent moins élevées. Quant aux résidences récentes sur les quais, elles bénéficient d'un véritable engouement pour leur vue sur mer.
Sylvie Gohel, gérante de l'agence Lefranc, Cherbourg
Sur le secteur, les gens sont en quête de différents types de biens. Les petits budgets disposant d'environ 150 000 euros étudient toutes les possibilités, du très ancien avec travaux au très récent, type pavillon moderne. À l'opposé, nous avons également des clients plus aisés qui s'orientent vers les grandes demeures moyennant une enveloppe allant jusqu'à 500 000 euros. À ce niveau, les exigences sont, certes, plus élevées, avec un goût prononcé pour les logements neufs d'excellente facture ou de l'ancien de charme avec cachet et, surtout, un grand terrain.
Chers appartements
Si Cherbourg est toujours prisé, les communes de Tourlaville, Bréville et Equeurdreville ne sont pas en reste. Elles attirent en l'occurrence des personnes travaillant sur l'Arsenal maritime ou chez Areva. Nous avons également beaucoup de demandes sur le marché des appartements de la part de jeunes couples qui n'ont pas encore les moyens d'investir dans une maison, mais aussi des personnes âgées désireuses de regagner le centre-ville pour ses commodités. Un programme neuf est prévu à l'horizon 2013, dont une résidence de standing très haut de gamme proposant dix-huit appartements. Il en coûtera 200 000 euros pour un T2 de 55 m² et 355 000 euros pour un T3 de 90 m².
Pierre Villedieu, négociateur pour l'agence Régine Villedieu Immobilier, Cherbourg
Notre coeur de métier réside dans la construction de maisons individuelles. Celles-ci sont principalement destinées aux primoaccédants, lesquels sont par ailleurs pénalisés par le prix du foncier sur le Nord Cotentin. De fait, sur la communauté urbaine de Cherbourg, les terrains restent chers : une parcelle de 350 m² ne se vend pas à moins de 45 000 euros. Pour les clients disposant d'un budget moyen de 130 000 euros, il ne reste pas grand chose pour le bâti, en sachant qu'avec 80 000 euros, on peut espérer une maison de 70 m² au plus. De plus, l'arrivée des nouvelles normes BBC et la réglementation thermique 2012 font monter la note.
Plus loin
Pour trouver des biens plus abordables, les acheteurs aux revenus plus modestes sont ainsi contraints de s'éloigner un peu de la communauté. Valognes, par exemple, située à quinze minutes de Cherbourg, permet de trouver des prix de terrains bien plus bas. Par ailleurs, nous rencontrons aussi plusieurs clients originaires de la région qui, après une carrière sur Paris, souhaitent regagner le Cotentin côté littoral. Leurs budgets étant plus importants, de l'ordre de 200 000 euros, ils ne rencontrent pas trop de difficultés à se positionner sur de jolies maisons d'environ 120 m² aux normes BBC et, surtout, en bord de mer.
Ludovic Louis, directeur commercial des Maisons vivre ici, Saint-Lô, Cherbourg, Bayeux
![]() ZOOM SUR... La Hague : haut de gamme mais pas tape à l'oeil ! Au-delà de Cherbourg et de son Arsenal, les côtes du Nord Cotentin sont très convoitées en matière de résidence secondaire. Si les Anglais ont quelque peu déserté les lieux du fait de la dévalorisation de la livre sterling et d'une liaison maritime transmanche peu fréquente et trop chère, la région donne le change avec le retour des acheteurs belges, hollandais, mais aussi havrais, caennais et, surtout, Parisiens. Ces derniers profitent d'ailleurs d'un réseau routier confortable jusqu'à Deauville, avant de pousser jusqu'à la côte via l'A84. Si Barneville- Carteret attire des acheteurs sur de belles propriétés classiques, La Hague joue la carte du charme sauvage et de l'authenticité. Sur une jolie surface de terrain, une maison en pierre avec quatre chambres peut encore s'y négocier autour de 350 000 euros. |
- autres PAROLES D'EXPERTS
399
C'est le nombre de logements qui vont sortir de terre dans le cadre de l'opération Renouvellement urbain de la communauté de Cherbourg, visant à réintégrer l'habitat social dans le tissu urbain sur les dix prochaines années. À ce titre, 2 994 autres logements seront bientôt réhabilités.
Communauté urbaine de Cherbourg
3 260
C'est la fourchette haute du prix d'achat, en euros et au m², d'un appartement de type T2 sur le secteur de Cherbourg- Octeville. Le même type de logement se négociera entre 3 220 euros et 3 370 euros/m² sur la localité voisine de Tourlaville.
Notaires de France - Perval, janvier 2011
1 720
C'est le prix haut, en euros et au m², pour l'achat d'un appartement dans l'ancien à Cherbourg, sur le secteur de l'avenue de Paris. Il en coûtera entre 1 660 et 1 680 euros/m² sur le secteur du Val de Saire, et de 1 600 à 1 620 euros/m² pour investir sur le quartier de La Bucaille.
Notaires de France - Perval, janvier 2011