Très actifs sur le marché breton depuis le début des années 90, où en sont les Britanniques sur leurs projets immobiliers aujourd’hui ?
DEUX EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE
Ils auraient été, par le passé, plus de 15 000 foyers britanniques à venir s’installer en Bretagne, séduits par la « french way of life » (le mode de vie à la française). Ce fut, dans un premier temps de jeunes retraités et ensuite une deuxième vague d’expatriés au début des années 2000, avec des familles et des enfants scolarisés. Un choix de vie qui a été mis à mal par la crise financière, la crise immobilière qui n’a pas épargné la Grande-Bretagne et un taux de change défavorable à l’achat mais favorable à la revente ! Aujourd’hui, les Anglais sont toujours présents sur le marché immobilier des Côtes d’Armor, mais ont adapté leurs projets immobiliers à un budget revu à la baisse pour la plus grande majorité d’entre eux.
Aujourd’hui, le cœur de la demande de nos clients britanniques oscille entre 100 000 et 150 000 €, contre 250 000-300 000 € il y a trois ans. Les prix ont baissé mais moins que le taux de change ; leur train de vie a perdu 30?% et il y a plus d’Anglais vendeurs qu’acquéreurs. Certains seniors abandonnent leur rêve français pour racheter en Angleterre, la barrière de la langue s’avérant parfois difficile. Mais la population anglaise reste très présente, et 95?% d’entre eux souhaitent vivre ici en permanence, dans des maisons à la campagne avec beaucoup de terrain. Nous avons aussi des Britanniques pour du secondaire : des expatriés dans les émirats ou ceux qui revendent à Jersey ou Guernesey (les tarifs des liaisons en ferry ont augmenté) pour chercher ailleurs. Les Anglais sont toujours présents sur le marché, mais avec des attentes différentes.
Nous constatons depuis quatre ou cinq mois un regain de visites de Britanniques qui vivent en Angleterre, à Jersey ou à Guernesey. Ils sont, pour la plupart, intéressés par du secondaire qui représente 80?% de leurs acquisitions. La clientèle d’aujourd’hui est différente de celle avant la crise : les petits budgets (100 000 à 150 000 €) cherchent à la campagne et les gros budgets (350 000 € et plus) s’intéressent en plus au centre de Dinan et au port où il y a eu beaucoup de maisons achetées par des Anglais naviguant régulièrement. Il y a moins de mouvements pour les budgets intermédiaires et moins d’acquisitions en résidence principale. Avant 2008, ils étaient plus nombreux à s’installer ici au moment de leur retraite. Mais 2010 se passe mieux que 2009 : nous avons accueilli une clientèle étrangère de la zone euro : des Belges et des Hollandais actifs, qui travaillent à distance ou qui investissent dans des propriétés avec chambres d’hôtes.
- autres PAROLES D'EXPERTS
139 528 €
C’est le prix moyen de vente d’une maison ancienne dans les Côtes d’Armor.
Baromètre De L’Immobilier Breton, Octobre 2010