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Dossier spécial Basse-Normandie
 
PAROLES D'EXPERTS

LE PERCHE, TERRE DU SECONDAIRE


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Traditionnellement dominé par l’habitat secondaire, l’immobilier percheron retrouve son rythme et des prix qui collent au marché.

TROIS EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE

À environ 150 km de Paris, le Perche acceuille une importante clientèle d’acquéreurs en résidence secondaire.
À environ 150 km de Paris, le Perche acceuille une importante clientèle d’acquéreurs en résidence secondaire. . galam - Fotolia

Province historique française et ancien comté au carrefour de la Beauce, de la Normandie et du Maine, le Perche s’étend sur quatre départements : l’Orne, l’Eure-et-Loir, la Sarthe et le Loir-et-Cher. Région admirablement préservée sur le plan architectural, la campagne du Perche est vallonnée. Les forêts et boisements sur le haut des collines, les haies et les chemins creux sillonnent l’espace ou se déploient des maisons, des grandes fermes isolées, des lieux-dits, hameaux, villages et bourgs. Un maillage qui garantit à la fois le plus grand calme, des habitations protégées des regards, mais avec un voisinage qui n’est jamais très éloigné : autant de qualités appréciées depuis plusieurs décennies par les Parisiens et autres urbains en quête de résidence secondaire. Ces néo-Percherons sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à s’installer à mi-temps ou définitivement dans la région et à s’investir dans la vie associative et économique locale. De la belle et vieille pierre, des tuiles plates, des sables ocre, jaunes ou roses : l’habitat traditionnel est souvent très ancien (du XVIe au XVIIIe siècle) et de grande qualité. Fermette, longère, corps de ferme, manoirs ou maisons de maître dans les bourgs... Les bâtis dans leur état originel deviennent une denrée rare, et les restaurations respectueuses des matériaux percherons sont moins nombreuses que les rénovations plus personnelles ! Mais il y a toujours de belles opportunités, notamment des résidences secondaires à réhabiliter, ou des maisons partiellement aménagées qui offrent un beau potentiel de surface habitable à aménager.

LES DÉLAIS DE VENTE SE RÉDUISENT

DR

Aujourd’hui, la demande en secondaire a repris : un marché qui représente 60?% de notre activité. Les acheteurs avancent un budget entre 150 000 et 200 000 € et recherchent une maison isolée, dans les hameaux ou les lieux-dits. Quand ils s’approchent de 100 000 € à l’achat, ils prévoient un budget travaux entre 20 000 et 50 000 €. La longère du XVIIIe siècle est un produit très recherché, mais les biens dans leur état originel sont de plus en plus rares, et partent très vite. Les rénovations qui ont une cinquantaine d’années sont dépassées, et depuis six mois, les acheteurs du secondaire sont attentifs aux modes de chauffage et à l’isolation. 25?% de nos acquéreurs de ces résidences envisagent ensuite de s’installer définitivement dans le Perche ; ce sont souvent des jeunes retraités. Pour l’achat en résidence principale, le cœur de la demande oscille entre 100 000 et 150 000 €, pour une maison de ville ou un pavillon des années soixante-dix en agglomération. Globalement, les prix sont stabilisés, les délais de vente se réduisent quand le bien est au prix du marché. Et les jeunes primo-accédants, disparus pendant la crise, reviennent. En revanche, il y a très peu de deuxième achat, que ce soit pour le secondaire ou le principal.

LE CŒUR DU MARCHÉ SE SITUE ENTRE 100 000 ET 150 000 €

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Nous travaillons essentiellement dans l’Orne, en Eure-et-Loire, et dans la Sarthe, jusqu’aux portes de l’Eure. La demande est toujours très présente, le gros du marché est ornais, avec ensuite l’Eure-et- Loire. Les secteurs les plus recherchés, entre Bellême et Rémalard, plaisent pour leurs deux forêts domaniales classées et leur architecture préservée. Il y a aussi de beaux secteurs autour de Nogent-le-Rotrou : un Perche aussi remarquable que celui de l’Orne ! La demande, pour du principal, vise les secteurs proches des bassins d’emplois de Bellême, Nogent-le-Rotrou, Rémalard et Mortagne-au-Perche. Le cœur du marché se situe entre 100 000 et 150 000 € et la demande s’équilibre entre l’ancien et le contemporain. En secondaire, les budgets sont plus élevés, avec un cœur de marché entre 200 000 et 300 000 €, pour une longère, une fermette, un corps de ferme ou une maison bourgeoise de village du XIXe siècle. Ces acheteurs, d’origine parisienne, belge ou hollandaise, vivent parfois dans la région à mi-temps : un phénomène que nous constatons depuis trois ou quatre ans.

85% DES ACQUÉREURS SONT PARISIENS, CAENNAIS OU ROUENNAIS

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Le groupement des Agences vertes couvre le Perche et ses limites : L’Aigle dans le nord, la Ferté-Bernard au sud, Brou à l’est et Alençon à l’ouest. Un marché essentiellement secondaire, avec 85?% d’acheteurs parisiens, caennais ou rouennais. Un quart d’entre eux s’installe en permanence dans la région, des actifs qui travaillent à distance ou des jeunes retraités, et gardent parfois un pied-à-terre dans la capitale. Ils préfèrent des parcelles de 1,5 hectare et choisissent un voisinage de hameau plutôt qu’un isolement total. La fourchette est large : de 100 000 € pour un bâti ancien à restaurer, jusqu’à 1 million et plus pour un manoir, le cœur de marché étant entre 300 000 et 350 000 €. La qualité d’un bien est importante : neuf fois sur dix, les maisons n’ont pas été restaurées dans les règles de l’art, mais rénovées : une différence qui augmente un prix d’environ 20?% quand la restauration est qualitative. Les gens de la région ont un budget de 150 000 à 200 000 €, et cherchent de préférence une maison ancienne à améliorer et à moins de 10 kilomètres de leur lieu de travail, ou du récent en lotissement, en sortie de bourg. En 2010, les délais de vente sont de six à douze mois : il y a eu engorgement, et il faut le temps que tout se résorbe.

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