Le marché villersois a retrouvé de la tonicité, même si le décalage entre l’offre et la demande reste d’actualité.
TROIS EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE
Petite commune du Calvados de 3 000 habitants aux portes du bocage normand, Villers-Bocage la dynamique a vu sa population doubler en moins de quarante ans. Totalement détruite, ou presque, par les bombardements alliés, la petite cité normande s’est reconstruite progressivement, jusqu’au début des années 70. L’arrivée de l’autoroute des Estuaires a été une véritable opportunité : le trafic routier incessant qui perturbait la tranquillité du bourg a été supprimé, tandis que la proximité du réseau autoroutier mettait Villers-Boccage à 15 minutes de la périphérie caennaise et à 30 minutes de Saint-Lô, deux pôles urbains de l’emploi. Proche de Caen, Villers-Bocage ne pouvait que séduire des urbains en quête de grands espaces et de nature. Les familles qui ont fait le choix de s’installer ici ont parfois des activités professionnelles qui conduisent l’un à Caen, et l’autre à Saint-Lô ! Ces rurbains néo-villersois s’installent dans des maisons individuelles, résidence principale dans 95?% des cas. La demande locative est toujours très importante, les familles restent souvent provisoirement en location et pensent à l’acquisition très vite. Les maisons d’avant-guerre sont une denrée rare et il faut s’éloigner à la campagne pour trouver de l’ancien de caractère. L’essentiel de l’habitat a été construit après les années 50, avec la création de lotissements dont le dernier en date, le Pré aux Charmes II devrait accueillir à terme une quarantaine de maisons neuves. Une alternative à l’ancien pour qui veut profiter du charme de la vie villersoise.
Nous travaillons essentiellement pour de la maison individuelle, et très peu pour les appartements. Villers-Bocage n’a pas du tout souffert de la crise en terme de demandes, mais un peu en terme de prix. Les actifs qui travaillent à Saint-Lô et à Caen cherchent à s’installer à Villers. Ce n’est pas un marché de report, mais un choix de vie. Les budgets annoncés pour un projet d’acquisition de maison individuelle oscillent entre 170 000 et 180 000 €, alors que l’offre moyenne affichée tourne autour de 220 000-230 000 €. Il n’y a pas d’adéquation entre les deux, alors qu’il y a beaucoup de produits à vendre. Les vendeurs, en particulier ceux qui ont acheté en 2007, ont du mal à réajuster leurs prix. Les acheteurs qui cherchent de l’ancien de caractère vont à l’extérieur de la ville, où les belles maisons en pierre rénovées du XIXe siècle partent bien quand le prix est juste. En ville, nous avons essentiellement des maisons des années 50 ou des pavillons des années 70. Les délais de vente sont un peu supérieurs à 3 mois mais restent variables et au cas par cas. En période difficile, les acheteurs sont toujours plus exigeants et prompts à négocier. Nous n’avons pas plus de primo-accédants qu’avant, mais leur moyenne d’âge a baissé. À budget égal, ils vont plutôt vers le neuf avec des parcelles constructibles entre 50 000 et 55 000 €.
Le secteur de Villers-Bocage se vend bien, nous sommes revenus aux prix de 2005. Et les vendeurs qui mettent au bon prix peuvent réaliser leur vente en moins de trois mois. Les acquéreurs sont très déterminés, se décident en deux mois, mais sont très exigeants. Ils ont des budgets plus raisonnables et ne veulent pas faire de travaux. Ce sont eux qui font le prix du marché. Avec une enveloppe de 200 000 €, ils cherchent une maison neuve ou un pavillon des années 70-80 avec un peu de terrain, entre Villers et Caen. Nous voyons aussi des jeunes primo-accédants qui vivent en couple, mais avec un seul acheteur, et donc un plus petit budget, environ 120 000 €, actes en main. Un nouveau profil d’acheteurs qui accepte de s’éloigner de Villers, mais à proximité de l’autoroute. Les vendeurs villersois ont du mal à admettre que le marché n’est pas le même qu’à Caen. Et les maisons, restées invendues pendant deux ans, finissent par partir, mais au juste prix ou à des prix trop bas quand les vendeurs ne peuvent plus attendre. Les acheteurs sont offensifs, visitent des maisons au-delà de leurs moyens mais font des offres qui restent dans les limites de leur budget, travaux inclus.
Notre clientèle est majoritairement caennaise, des actifs qui raisonnent en temps de transport. Ils sont à 15 minutes de Caen ou travaillent à Vire, Bayeux et Saint-Lô. Aujourd’hui, le marché est un peu à deux vitesses, et l’écart se creuse de plus en plus entre les petits et les gros budgets. Avec moins de 150 000 €, il faut s’éloigner de Villers-Bocage, vers Vire, pour trouver des anciens corps de ferme. Un type de produit qui se vend bien aux bricoleurs ou aux primo-accédants. Nous avons de plus en plus de jeunes qui cherchent des biens à rénover, avec 2 pièces habitables tout de suite. Ils se débrouillent ensuite pour faire les travaux. À partir de 300 000 €, les acheteurs cherchent de belles maisons anciennes, restaurées et proches de Villers. Un bien qui peut partir très vite quand il est dans un bon rapport qualité-prix. La fourchette intermédiaire, 220 000 - 230 000 € est difficile à vendre : les acquéreurs n’ont pas le budget ou il reste encore des travaux à faire. Les clients sont de plus en plus exigeants. Ceux qui se déplacent et visitent sont très motivés. Quant aux vendeurs, ils sont plus réalistes !
- autres PAROLES D'EXPERTS
219 403 €
C’est le prix moyen d’une maison neuve dans le Calvados pour une surface moyenne de 100 m2.
Notaires De Basse-Normandie, Juin 2010
180 000 €
C’est le prix moyen de vente des maisons anciennes à Caen, entre le 1er janvier et le 31 mars 2010.
Notaires De Basse-Normandie, Juin 2010
1 149 €
C’est le prix moyen au m2 des appartements anciens, dans le Pays de Saint-Lô en 2009
Notaires De Basse-Normandie, Juin 2010