Territoire protégé, la Provence verte attire les familles en quête de terrains ou de villas et désireuses de s’éloigner des villes.
QUATRE EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE
Entre le Verdon, le massif des Maures et la Méditerranée se niche à l’écart de la foule estivale un territoire réputé pour son cadre de vie, la Provence verte. Re- groupement de 37 communes (Brignoles, Chateauvert, Mazaugues, Montmeyan...), ce secteur de l’arrière-pays varois cumule des atouts exceptionnels : une situation géographique idéale, un climat méditer- ranéen avec seulement trente jours de pluie par an et des plages comme celles de Fréjus et Hyères, situées à trente minutes seulement, sans les inconvénients des villes du bord de mer ! Recherchée, cette Provence verte naturellement protégée n’autorise que très rarement la construction d’immeubles. Il s’agit donc d’un marché immobilier orienté en priorité vers les villas et les terrains à bâtir. Ce décor paradisiaque attire en masse la population active et les familles à la recherche d’une maison, de nature et de calme. D’autant que ce vaste secteur est relié, en moins d’une heure, à tous les pôles économiques importants de la région, Nice et Aix-en-Provence grâce à l’autoroute A8, Toulon et Marseille via l’A57. Sans compter les gares TGV ! Cette clientèle recherche en priorité des maisons au budget inférieur à 350 000 € et n’hésitent plus, à prix équivalent, à acquérir du foncier pour construire le logement correspondant à ses besoins. Ici, les effets de la crise sont moins sensibles sur les tarifs en raison de la rareté des biens disponibles.
Depuis 2008, nous avons enregistré une baisse importante des prix, comprise entre 10 et 15%, aujourd’hui circonscrite. Les budgets d’achats sont moins importants que par le passé, conséquence de la difficulté d’ob- tenir des crédits auprès des banques. Cette situation conduit les futurs acquéreurs à discuter les prix et à demander de forts rabais. Une vente sans négociation n’existe plus, même lorsque le prix est correct. Dans bien des cas, les vendeurs acceptent de revoir leur prix, mais jusqu’à une certaine limite. Il arrive aussi un moment où la négociation sys- tématique incite certains vendeurs à retirer leurs biens de la vente et à les mettre en location en attendant une remontée des prix, provoquant ainsi une diminution de la quantité de produits à vendre. À ce jour, les appartements et les maisons de village de plus de 180 000 €, ainsi que les villas de plus de 350 000 €, ne trouvent plus d’acquéreurs. D’autre part, les exigences des acheteurs ont évolué et vont souvent au-delà de la simple question budgétaire : un bien avec un jardin ou terrasse, éventuellement une piscine, un quartier calme mais pas trop loin des centres-villes, peu de travaux et pas de vis-à-vis !
La crise nous a fait du mal, même si elle a per- mis de rétablir les prix au niveau de la valeur réelle des biens. Nous avons aujourd’hui beaucoup de difficultés à faire comprendre aux propriétaires de maisons construites il y a vingt ou trente ans, que leurs biens ne sont plus vraiment au goût du jour et nécessitent de lourds travaux, lesquels font baisser la rentabilité. Bien souvent, face à une telle situation, il est en effet plus avantageux d’acheter un terrain et de faire construire sa maison en s’appuyant sur un prêt ne dépassant pas les 3 %. Pour autant, notre secteur de la Provence verte attire des acquéreurs avides de calme et d’un environnement non bétonné. Le terri- toire étant protégé, aucune construction d’immeuble ne vient « polluer » le paysage. On trouve par exemple à Brignoles, des appartements du type studio, T1 et T2 situés dans des maisons de village, qui sont soumis à une taxe parking de 8 000 € afin de se mettre en règle par rapport à la loi. Car, dans ces immeubles- maisons, les places de stationnement ne sont pas en nombre suffisant.
Nous travaillons particulièrement sur le sec- teur de la porte sud de la Provence verte, dans des communes comme Gareoult, Rocbaron ou Forcalqueiret. Un territoire dynamique porté par les personnes actives travaillant à Toulon et dans son agglomération. Sur notre secteur, les prix n’ont pas vraiment baissé durant la crise, ils se sont stabilisés autour de 2 000 € le m2 pour un appartement et de 300 000 € pour une villa classique. Depuis quelques semaines, nous ressentons une reprise du marché avec des acquéreurs disposant d’un capital plus important qu’au début de l’année. Nous venons de vendre 375 000 € une villa de 110 m2 habitables avec 2 840 m2 de terrain, piscine et vue agréable, située sur la commune de Gareoult. Ce type de produit est très recherché par notre clientèle locale et familiale, qui souhaite acquérir un logement dans un village excentré mais bien desservi par des axes routiers rapides ou une gare SNCF. Cependant leur nombre se raréfie comme le foncier disponible à la vente.
Vue la conjoncture actuelle, nous enregistrons un volume de visites assez satisfaisant sur le canton de la Roquebrussanne. En revanche, celles-ci ne se transforment que très rarement en acte d’achat, notamment pour les biens supérieurs à 300 000 €. Les effets de la crise se font donc toujours sentir. Il est très difficile aujourd’hui de spéculer sur une véritable stabilisation, voire une reprise, même si l’on se veut confiant. Le poids de la fiscalité, ainsi que le changement de régime de TVA pourraient mettre un terme définitif à une nouvelle chute des prix. Le surcoût de TVA supporté par les marchands de biens ou lotisseurs (19,6% sur la totalité du prix de vente des terrains à bâtir et non plus sur la marge) laisse même entrevoir une hausse du foncier. Autre conséquence, le changement d’attitude des acquéreurs qui sont plus méfiants et ont perdu la notion de valeur réelle des biens. Les achats sont très réfléchis, les points positifs et négatifs sont méticuleusement analysés. Aujourd’hui dans l’ensemble, les clients recherchent des surfaces plus petites. Même si cette tendance existe depuis une quinzaine d’années, elle se révèle significative à l’heure actuelle. La raison semble être économique mais également liée à la recherche d’un idéal différent. Les acquéreurs souhaitent aussi un bien fini et sans travaux. Leur budget mensuel ne leur permet plus d’englober des frais supplémentaires.
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