Le marché semble reparti, mais les acquéreurs sont devenus très exigeants et préfèrent les biens rénovés et aux normes.
TROIS EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE
La capitale du bocage normand est située à mi-chemin entre le Mont-Saint-Michel et Caen, à 15 km de l'A84 - l'autoroute des Estuaires - et à 25 km de l'actuelle quatre voies qui rejoint l'A13. Vire est aussi à 2h30 de train de Paris. Construite sur un éperon rocheux à l'extrémité nord-est du massif armoricain, la ville est contournée par la Vire, irriguée par de nombreux ruisseaux. Collines boisées, vallées encaissées et prairies verdoyantes, le paysage du bocage virois évoque à la fois la Normandie et la Bretagne, avec ses plateaux granitiques et ses immenses panoramas. Un paysage secret et plein de charme qui séduit les Belges, les Hollandais, les Anglais et les Franciliens en quête de résidences secondaires calmes et isolées, avec beaucoup de terrain. Autre ville normande détruite presque en totalité par les bombardements alliés, il subsiste de l'ancien Vire quelques monuments restaurés, dont l'église Notre-Dame, le donjon ou la Porte Horloge, et de belles maisons de maître qui témoignent de la richesse historique de son passé. Vire s'est reconstruite à partir des années 1950, par vagues successives et en douceur : petits immeubles du centre-ville, et surtout des maisons individuelles ainsi que des pavillons des années 1970 ou plus récents. La proximité des commodités et des écoles reste un facteur déterminant pour un achat en principal. Autre constat : aujourd'hui, les acquéreurs sont devenus exigeants et recherchent des biens sans travaux, rénovés et mis aux normes.
Le marché est reparti début 2010. Il y a des ventes parce que les prix du m2 ont baissé : les acheteurs ont de plus petits budgets et recherchent essentiellement des maisons avec trois chambres, à Vire et en périphérie. Leur budget est compris entre 90?000 et 120?000 €, et il y a peu d'offres dans cette fourchette de prix. Les maisons individuelles avec trois chambres sont mises en vente autour de 150?000 €. Par conséquent, les acquéreurs s'éloignent de Vire et essaient de trouver un bien en campagne. Nous travaillons également avec des investisseurs, pour du locatif ou du placement immobilier. Ils sont intéressés par des T2-T3 en centre-ville?: il y a peu d'immeubles récents, mais surtout des petites copropriétés de six appartements, construites après-guerre. Et, enfin, nous avons des Parisiens qui arrivent avec de très gros budgets pour des châteaux et belles demeures, même avec travaux. Ils souhaitent trouver du bel ancien à rénover, au même prix qu'une maison sur la côte. Mais si la demande est forte, les biens de prestige mis sur le marché sont rares, alors qu'ils sont toujours très abondants pour la fourchette des 200?000-300?000 € : un type de bien et de budget qui est moins demandé à l'heure actuelle.
Le premier semestre 2010 a été meilleur que 2009. Les primo-accédants ont fait un retour en force : ils ont toujours été présents, mais désormais les banques les suivent et les jeunes sont très motivés. Les célibataires ont un budget de 80?000 €. En couple, ils sont prêts à investir de 120?000 à 130?000 €. Les investisseurs sont également de retour : souvent d'origine rurale, ils recherchent un pavillon, dans un premier temps pour une rentabilité locative, avant une occupation au moment de leur retraite. Chambres et pièces à vivre de plain-pied sont très demandées. Leur budget est de l'ordre de 150?000-160?000 €, pour un emplacement quasiment plus important que le bien lui-même : toujours à proximité des commodités, et pas au delà de 4-5 km du centre. Nous travaillons beaucoup avec des Anglais qui reviennent, après avoir un peu boudé le secteur. Ils recherchent de l'ancien rénové, en campagne, avec un budget de 110?000 à 120?000 €. Quelques Belges et Hollandais arrivent avec des gros budgets, pour des biens d'exception. Tous les types d'acquéreurs sont devenus très exigeants, il n'y a plus d'achats impulsifs. Il faut au moins quatre ou cinq visites avant une décision, et nous devons connaître nos produits sur le bout des doigts. Quant aux vendeurs, ils sont devenus plus réceptifs et ont fini par accepter que le marché ait changé.
avec un budget de 80?000 à 130?000 €. Nous voyons également de jeunes retraités, qui recherchent une maison individuelle ou un appartement, au rez-de-chaussée ou avec ascenseur. En règle générale, il y a peu d'offres d'appartements : les T2 partent très vite (à 75 % pour de la résidence principale), et les propriétaires préfèrent garder leur bien pour une rentabilité locative intéressante. Des programmes neufs devraient booster le marché et déclencher des envies d'achat ! Idéalement, les acquéreurs recherchent des maisons sans travaux, remises aux normes et confortables. Le budget pour un pavillon traditionnel rénové oscille entre 160?000 et 180?000 €. Une maison sans travaux, avec trois chambres et une belle parcelle de 1?000 m2 est accessible à environ 130?000 €, à 10 km de Vire, contre 80?000 € avec travaux. Les maisons isolées intéressent surtout le secondaire. Il y a moins d'Anglais qu'il y a cinq ou six ans, et ils sont plus exigeants, réfléchissent et comparent. Il n'y a plus d'achat coup de cœur ! On voit encore des acquéreurs jusqu'à 250?000-280?000 €. Au delà, ils sont beaucoup moins nombreux qu'avant la crise, et cherchent des biens irréprochables, rénovés ou quasi neufs. Nous devons expliquer aux vendeurs la réalité du marché, et consacrer beaucoup de temps aux acheteurs qui multiplient les visites avant de se décider.
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