Les nouveaux aménagements boostent les prix et rendent parfois l’accession délicate. Mais la demande est toujours là.
QUATRE EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE
À l'est du centre-ville montpelliérain, l'aménagement du quartier d'Antigone a démarré en 1977 pour s'achever au début des années 2000 avec la construction de la piscine olympique, de la médiathèque émile-Zola et l'arrivée du tramway. Antigone a marqué une première grande étape dans l'urbanisation du sud-est de la ville. L'esthétique de ses immeubles, dont la plupart ont été construits d'après le projet de l'architecte Ricardo Bofill selon un style néo-grec, a aussi fait le tour du monde. Depuis, sur l'autre rive du Lez, l'aménagement du secteur de Port Marianne a pris la relève, notamment celui des quartiers Richter autour des facultés d'AES et de sciences économiques, de Parc Marianne, du Millénaire, et des pourtours du complexe commercial et ludique de l'Odysseum. à l'est de la ville, la construction de ces nombreux programmes neufs a eu pour conséquence de tirer les prix des reventes vers le haut. Selon la chambre des notaires de l'Hérault, celles-ci se sont conclues l'an dernier à 2?545 €/m2 en moyenne, et jusqu'à 2?796 €/m2 dans le seul quartier récent d'Antigone. Ces niveaux de prix atteints par les logements anciens rapportés aux avantages liés à l'acquisition d'un logement neuf, frais de notaires réduits et dispositif fiscal Scellier notamment, font que l'écart de prix entre ces deux types de logements a tendance à se réduire. Par endroits, le neuf concurrence ainsi directement l'ancien.
Si notre activité a été assez soutenue au cours du premier trimestre, elle se fait un peu plus calme depuis le mois d'avril, notamment sur le marché de la résidence principale. étant donné le niveau élevé des prix à Montpellier, il est devenu très difficile pour ceux qui ne disposent pas de 25 à 30 % d'apport personnel d'accéder au crédit et à la propriété. Il faudrait que les prix de l'immobilier baissent pour correspondre au pouvoir d'achat des salariés. Or ceux des reventes restent tirés vers le haut par les nombreux programmes neufs qui bénéficient des lois de défiscalisation. Dans le secteur d'Antigone et de Port Marianne, les prix des reventes oscillent ainsi entre 2?500 et 3?200 €/m2 en moyenne. La cote des appartements placés dans des résidences de standing moyen, mal orientés et nécessitant des travaux, se situe en bas de fourchette, alors que celle des logements subissant peu de nuisances et offrant terrasse et garage est la plus élevée. La proximité des facultés soutient la demande locative des petites surfaces : un 30 m2 se loue 450 € hors charges en moyenne.
Dans le secteur de Port Marianne, même s'il est encore trop tôt pour parler d'une véritable sortie de crise, le marché donne des signes de redémarrage depuis le début d'année. En effet, un certain nombre de biens qui étaient en vitrine depuis plusieurs mois ont trouvé preneurs au cours du premier trimestre. Cette reprise a été favorisée par une petite baisse des prix d'environ 5 %. Seuls les produits présentés aux justes valeurs du marché se vendent actuellement. Dans le secteur, les appartements anciens valent entre 2?900 et 3?400 € le m2 selon leurs prestations, leur état et leur orientation. Les 2 pièces s'échangent entre 130?000 et 160?000 € en moyenne, les 3 pièces entre 190?000 et 230?000 € et les 4 pièces entre 230?000 et 300?000 €. Les petites maisons, peu nombreuses sur le marché, se vendent entre 250?000 et 300?000 €. Actuellement, notre souci est de parvenir à rentrer des mandats. L'offre est en train de se resserrer, ce qui contribue à la stabilisation des prix
Dans le quartier d'Antigone et ses abords immédiats, la demande a repris depuis le début d'année. Les accès rapides aux facultés et au centre-ville grâce aux deux lignes de tramway ainsi qu'à l'autoroute en direction de l'aéroport et des plages, contribuent à attirer un large panel de clients, étudiants, jeunes actifs et retraités. Si les prix se sont un peu tassés d'environ 2 à 3 %, ils n'ont pas vraiment baissé. En revanche, les délais de vente des biens présentés à des valeurs supérieures à celles du marché se sont rallongés. Les appartements se vendent pour l'essentiel dans une fourchette comprise entre 3?000 et 3?500 €/m2. Le prix moyen d'un 3 pièces varie entre 200?000 et 250?000 € selon le standing et les prestations mais aussi en fonction du statut des habitants de l'immeuble. En effet, dans ce quartier où beaucoup de copropriétés récentes sont occupées en majorité par des locataires, le fait de compter des propriétaires occupants garantit un meilleur entretien des bâtiments. Sur le marché locatif, les appartements neufs achetés par des investisseurs sous le régime du Scellier social se louent 12,04 €/m2. Ils concurrencent directement les logements plus anciens dont les propriétaires doivent aujourd'hui revoir leurs loyers à la baisse.
Nous intervenons dans tout le centre-ville, plus particulièrement dans les quartiers d'Antigone et de Port Marianne où la demande est repartie depuis le début d'année. En lisière des bâtiments de Ricardo Bofill, le quartier du Pont Juvénal a été investi par les promoteurs depuis trois ans. Les maisons à un étage y côtoient les immeubles neufs où les appartements sont commercialisés entre 3?800 et 5?000 €/m2. Cela rajeunit le quartier mais a aussi pour conséquence de tirer les prix de l'immobilier ancien vers le haut. Il est devenu difficile de raisonner les propriétaires qui ont tendance à surestimer leurs biens. Dans le quartier, le produit le plus demandé est le 2 pièces à rafraîchir à 120?000 €, soit un prix au m2 d'environ 2?600 à 2?700 € dans une copropriété datant de 1960, mais ils sont devenus rares sur le marché. Actuellement, l'offre fluctue entre 2?800 € et 3?800 €/m2 alors que la moyenne des reventes se situe entre 3?000 et 3?300 €/m2. Dans ce contexte, l'expertise du professionnel est devenue déterminante car seuls les biens présentés au juste prix parviennent à se vendre dans les trois mois.
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