À Montpellier, certains quartiers affichent de sérieux atouts. C’est le cas de Boutonnet, Beaux-Arts et Aiguelongue. Visite guidée.
QUATRE EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE
Urbanisé à partir des années soixante, Aiguelongue demeure le secteur résidentiel de référence pour tous ceux qui recherchent une atmosphère arborée et calme sise aux portes de la ville. Desservi pour partie par le tram, ce quartier pavillonnaire ne se trouve en effet qu'à quatre arrêts de la place de la Comédie. Si sur la colline le prix des villas démarre en moyenne à 700 000 € et peut atteindre des sommets, ils se font plus doux (à partir de 450 000 à 500 000 €) vers le zoo et la faculté de lettres. Très bien placés à deux pas de l'Écusson et du Jardin des Plantes, les quartiers anciens de Boutonnet et des Beaux-Arts affichent pas mal de points communs et de sérieux atouts. Commerces en tout genre et pour tous les goûts, proximité immédiate des lycées privés Nevers et Pierre-Rouge, les cafés de la place de la Comédie à deux pas, deux lignes de tram, bref ils réunissent tous les avantages de l'hyper centre sans en subir les inconvénients. L'accès rapide en voiture vers les quartiers nord de la ville et à l'autoroute en direction des plages, ainsi que les facilités de stationnement jouent en faveur de ces quartiers qui restent parmi les plus prisés et donc les plus chers de Montpellier. Comptez à partir de 2 500 € le m2 pour un appartement ancien à rénover, environ 3 000 € le m2 pour un bien rénové ou semi-récent et plutôt à partir de 3 500 € le m2 pour un logement très récent.
À Aiguelongue, les prix qui comptent parmi les plus hauts de Montpellier n'ont pas vraiment baissé mais se sont stabilisés à leurs niveaux d'avant 2008. Il faut dire que dans ce quartier pavillonnaire la demande est toujours supérieure à l'offre. Le marché des maisons fonctionne à deux vitesses. Dans le secteur très résidentiel de la colline, les villas de 150 à 200 m2 habitables sur un joli terrain s'échangent entre 700 000 et un million d'euros voire plus pour les biens exceptionnels, alors qu'en contrebas, à proximité du zoo, les biens équivalents se vendent entre 450 000 et 700 000 €. Il faut compter entre 300 000 et 400 000 € pour un pavillon jumelé d'un côté et entre 350 000 et 450 000 € pour une maison d'une centaine de m2 avec un petit terrain. L'offre d'appartements est variée. En effet, dans les constructions remontant à quinze ou vingt ans, les prix évoluent entre 2 500 et 3 000 € le m2 en moyenne. Dans les immeubles bâtis après l'an 2000, ils s'établissent entre 3 500 et 4 000 € le m2 en moyenne. Ceux qui offrent des prestations contemporaines, ascenseur, étage élevé et terrasse, sont très recherchés et souvent vendus dans la semaine.
À Boutonnet, aux Beaux-Arts et à Aiguelongue, la demande est revenue depuis le quatrième trimestre 2009. Si l'an dernier les acheteurs avaient un temps suspendu leur projet dans l'attente d'une baisse des prix, ils se sont depuis rendus compte que la demande dans ces quartiers étant très supérieure à l'offre, ces derniers ne baisseraient pas. Cependant, le fait que certains propriétaires demandent des prix trop élevés se traduit dans certains cas par un allongement des délais de vente et des négociations de l'ordre de plus ou moins 10% entre le prix de présentation et le prix de vente final. Du côté de Boutonnet, un 2 pièces présenté à 125 000 € s'est récemment vendu en une semaine alors qu'un bien similaire présenté à 145 000 € est resté en vente pendant six mois avant que le propriétaire accepte de baisser à 135 000 €, ce qui a aussitôt déclenché des visites et même des offres concrètes de la part d'acquéreurs potentiels. En moyenne, le prix des appartements anciens aux Beaux-Arts et à Boutonnet évolue entre 2 900 et 3 400 € le m2 alors qu'il faut plutôt compter entre 3 500 et 4 500 € le m2 dans les résidences récentes de standing avec terrasses.
Les Beaux-Arts et Boutonnet sont des quartiers très demandés où les biens à vendre manquent. Les prix y sont très élevés voire surestimés par les vendeurs qui continuent à faire le marché. Les biens neufs sont très prisés entre 3 800 et 4 200 € le m2 en moyenne alors qu'il faut compter aux alentours de 2 800 € le m2 pour devenir propriétaire d'un logement ancien à rénover et entre 3 200 et 3 300 € le m2 en moyenne pour un appartement ancien en bon état. Contrairement à d'autres quartiers, la demande locative y est également très soutenue et les propriétaires n'ont aucun problème pour louer leurs biens. Les prix des loyers qui se situent dans la fourchette haute du marché montpelliérain sont restés dans l'ensemble stables. Un 2 pièces d'une quarantaine de m2 se loue en moyenne 615 € par mois, charges comprises, dans de l'ancien rénové. Selon l'étage, il faut compter entre 750 et 830 € pas mois en moyenne pour louer un 2 pièces d'environ 48 m2 avec garage et terrasse dans un immeuble neuf.
Le quartier n'a pas vraiment ressenti la crise. Sauf exception, les prix n'y ont pas baissé, ils se sont stabilisés. D'année en année, la demande est de plus en plus supérieure à l'offre. D'habitude, les propriétaires mettent leurs maisons en vente au cours du printemps mais cette année elles se font très rares. Dans le quartier, pour s'offrir une villa des années 1900-1930 de 120 à 130 m2 habitables avec 150 à 200 m2 de jardin il faut compter au moins 600 000 voire 700 000 €. Les budgets inférieurs devront viser plus petit, comme par exemple les acquéreurs de cette maison de 110 m2 habitables avec une cour de 25 m2 qui s'est vendue 420 000 €, ou se déplacer en périphérie des Beaux-Arts. Avenue de Castelnau dans le quartier Pierre-Rouge, une maison 1960 avec travaux à prévoir, comptant 85 m2 habitables, une cour de 120 m2, un jardin de 100 m2 et un garage, s'est récemment vendue 290 000 €. Les prix des appartements s'élèvent à 2 500 € le m2 environ dans le cas d'un bien ancien avec travaux et entre 2 800 et 3 200 € le m2 pour un bien rénové ou semi-récent des années 1990.
- autres PAROLES D'EXPERTS