Le marché a repris, dominé par les primo-accédants, avec un frémissement du côté des résidences secondaires.
QUATRE EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE
Perchée sur une barrière granitique qui domine la baie du Mont Saint-Michel, la ville d'Avranches se situe sur l'axe Caen-Rennes. La position stratégique de cette ville deux fois millénaire, construite sur un rempart naturel, a laissé de nombreux vestiges architecturaux qui témoignent de la richesse de son passé historique : les vestiges de remparts et de l'ancien château fort, les manoirs du XVIe et XVIIe siècle, le château de Changeons, l'ancien palais épiscopal, la cathédrale, les églises et les chapelles romanes, gothiques et néo-gothiques... La ville haute d'Avranches, ou la « vieille ville » fortifiée dès le Moyen-Âge surplombe les estuaires de la Sée et de la Sélune, les deux rivières respectivement au sud et au nord du massif armoricain. À l'est, la « ville basse » s'est développée au XIXe siècle sur la colline et autour des places Saint-Gervais et du Marché. Les maisons anciennes et de caractère de la vieille ville, celles centenaires de la ville basse et les constructions traditionnelles ou plus contemporaines des nouveaux quartiers offrent un choix très riche en matière d'architecture, avec une minorité d'appartements. Entre mer et campagne, Avranches est aussi un secteur où le secondaire reste plus attractif que dans les régions littorales voisines, que ce soit pour de la construction neuve ou de la vieille pierre de caractère à rénover.
La reprise est amorcée depuis juillet 2009, avec des mois de pointe, traditionnellement au printemps. Nous travaillons plutôt le primaire, maisons ou appartements. Les jeunes retraités vendent leur maison et recherchent un T3/T4 en centre-ville, mais les appartement récents avec ascenseur sont une denrée rare. Et les maisons qu'ils vendent sont souvent des pavillons des années 70 qui peuvent convenir à des jeunes familles ou des primo-accédants : 3-4 chambres, une petite pièce de vie, un garage et un jardinet. Le budget moyen, pour une première acquisition, est d'environ 150 000 €. Il y a une forte demande et insuffisamment de biens disponibles, le gros des biens sur le marché étant plutôt autour de 200 000 €. Les primo-accédants s'éloignent du centre pour rester en adéquation avec leur budget : il y a vingt mois, ils voulaient une maison prête à habiter, sans travaux. Aujourd'hui, ils cherchent dans l'ancien à rénover, ou à budget égal, envisagent la construction d'une maison de 90 m2. Et il y a de belles parcelles vendues à moins de 30 000 € dans un rayon de 15 km autour d'Avranches
En ce moment, le marché fonctionne bien, et ce, depuis le printemps 2009. Nous travaillons avec tous les types d'acquéreurs, en principal ou en secondaire, avec principalement de la demande pour de l'ancien déjà réhabilité ou de l'ancien à rénover à partir de 150 000 €. La tendance est très nette : les acquéreurs préfèrent acheter sans faire de travaux et sont très exigeants. Les primo-accédants reviennent avec des budgets jusqu'à 130 000 € et cherchent des maisons à rénover, dans un périmètre de dix kilomètres autour d'Avranches. En secondaire, les Anglais sont de retour et les Franciliens s'intéressent beaucoup à la région plus abordable que les secteurs alentours, vers Caen, notamment. Le budget moyen, pour un achat en secondaire est de l'ordre de 200 000 € : fermes, longères et grandes dépendances sur des terrains spacieux : les acheteurs recherchent la tranquillité, une vraie valeur ajoutée. Avec parfois des projets de transformation en gîtes ruraux ou chambres d'hôtes. Nous avons quelques investisseurs qui constituent du patrimoine, mais pas pour du locatif.
Le marché s'était un peu endormi ! Aujourd'hui, les demandes reviennent. Nous sommes plutôt sollicités par les « petits budgets » qui nous consultent pour une construction, en primaire ou en secondaire. Les plus gros budgets surveillent le marché et diffèrent leur décision mais nous commençons un peu à les revoir. La construction neuve est un investissement rassurant, sans surcoûts de travaux, et une des meilleures valeurs refuges : on achète à prix maîtrisé, contrairement à l'ancien où l'offre et la demande font le marché. De plus, le coût de la construction n'a pas flambé, mais est stabilisé, voire en légère baisse. Nous observons aussi un recentrage des demandes vers les zones urbaines : se rapprocher du centre-ville rassure, et les terrains en périphérie d'Avranches restent abordables, malgré tout. Les primo-accédants cherchent une maison de 100 m2, avec 4 chambres et une belle pièce de vie. Un idéal pas toujours compatible avec leur budget. Mais il est tout à fait possible de construire une maison de qualité et très bien isolée à 100 000 €, mais avec une surface moins importante.
C'est indéniable, il y a eu une reprise du marché, avec la baisse des taux et le réajustement des prix. La crise a eu un effet bénéfique dans la mesure où elle a assaini les prix revenus aujourd'hui aux valeurs de 2006. La plus forte demande concerne les maisons individuelles ou mitoyennes, en centre-ville, si possible de plain-pied. Un produit qui intéresse les jeunes couples avec des enfants, avec la proximité des écoles et des activités périscolaires. Le budget moyen annoncé tourne autour de 147 000 €, et oblige à s'éloigner du centre. La périphérie est très attractive, les quartiers sont agréables et les constructions récentes partent très vite. Nous travaillons essentiellement avec les primo-accédants mais aussi les deuxièmes achats. Il y a peu d'investisseurs pour du locatif, Avranches n'étant pas éligible au dispositif Scellier, mais plus de particuliers qui constituent un patrimoine familial. La demande en secondaire revient, mais à moins de 100 000 € pour de l'ancien à rénover, et à l'intérieur des terres. Il manque un accès ferroviaire d'importance pour redynamiser le sud Manche. La population anglaise reste également timide.
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