Après une période d’attentisme, Rezé connaît un regain d’activité immobilière, et la demande est supérieure à l’offre.
DEUX EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE
Au sud de Nantes, bordée par la Loire et la Sèvre nantaise, Rezé a longtemps été une petite commune maraîchère ou résidentielle, avec quelques beaux manoirs et « folies » du XIXe siècle. L'urbanisation est très récente, la commune s'étant considérablement développée dans les années 1950. Symbole du modernisme architectural d'après-guerre, la Maison Radieuse du Corbusier domine une ville où les rues et maisons anciennes cohabitent avec des immeubles récents et des quartiers pavillonnaires. Les ruelles de l'ancien village de pêcheurs de Trentemoult sont particulièrement préservées et abritent toujours ces belles maisons d'armateurs cap-horniers ou d'autres, plus modestes. Une ville de contrastes, qui ne cesse de séduire.
Rezé va bien : à Trentemoult, mais aussi vers Bouguenais, Saint-Paul et Pont-Rousseau où le tramway est un atout. Nous vendons essentiellement des maisons. Avant la crise, les gens achetaient à n'importe quel prix, ensuite les offres ont été supérieures à la demande. Aujourd'hui, la situation est inversée, le marché est assaini. Notre activité a redémarré dès septembre 2009, et le mois d'avril est bien entamé. Les jeunes acheteurs - notre nouvelle clientèle - préfèrent une maison avec jardinet. Les ventes deviennent très techniques : la division des maisons avec un grand terrain permet de mettre en même temps sur le marché une maison avec jardin et un terrain constructible. Des opportunités qui séduisent les acquéreurs. Nous voyons peu de primo-accédants, sauf pour de très rares petites maisons de 50 m2 à Trentemout. Et depuis l'automne, nous voyons revenir les budgets supérieurs à 300 000 €. L'attentisme est passé.
Les acquéreurs sont plus nombreux aujourd'hui qu'au début 2009, avec une forte demande pour les « petits produits », du T1 au T3. Au-delà de 130 000 €, les biens partent plus difficilement : il y a moins de demandes pour les grandes superficies. Même constat pour les maisons, plus difficiles à vendre au-delà de 200 000 €. Les investisseurs reviennent et cherchent du locatif classique, avec une rentabilité élevée, de 7 à 8 % bruts. Notre plus grande difficulté est de faire comprendre aux vendeurs qu'un bien part quand il est à un prix raisonnable, et que ce qui valait 100 il y a dix-huit mois vaut parfois 80 aujourd'hui. Mais il ne faut pas oublier que les prix ont quasiment doublé en dix ans ! Nous avons peu de demandes pour les biens supérieurs à 500 000 €. Il y a pourtant des maisons bourgeoises anciennes ou de très belles contemporaines qui les valent. À budget égal, les acheteurs préfèrent rester dans Nantes.
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