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Dossier spécial Marseille et Région
 
PAROLES D'EXPERTS

LA CÔTE BLEUE LE MARCHÉ REPREND DES COULEURS


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Dans un environnement propice au secteur secondaire, celui de la résidence principale conserve son statut de leader.

TROIS EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE

Parmi les villages attirant les acquéreurs, les calanques de Niolon ont le vent en poupe.
Parmi les villages attirant les acquéreurs, les calanques de Niolon ont le vent en poupe. . JB Fontana/Fotolia

La Côte bleue, dont le littoral se déploie sur une dizaine de kilomètres depuis l'Estaque aux portes de Marseille jusqu'au petit port de Carro, a su préserver un environnement naturel unique en partie protégé par le Conservatoire du littoral. Sa palette de couleurs lumineuses, où le bleu de la Méditerranée contraste avec le blanc des falaises calcaires et le vert des pinèdes plantées de pins d'Alep, n'a pas échappé en leurs temps aux peintres impressionnistes, Cézanne notamment. Dès l'arrivée des beaux jours, bateaux de plaisance et baigneurs investissent les calanques de Niolon, de La Vesse et de Méjean, sans oublier toutes les petites criques rocheuses et les plages de sable de Sainte-Croix et de la Couronne. Malgré l'affluence des mois d'été, les villages du Rove et d'Ensuès la Redonne, les ports de Sausset-les-Pins et de Carry-le-Rouet ont su garder leur atmosphère typiquement provençale et familiale. Ici d'ailleurs, si les résidences secondaires sont nombreuses, le marché immobilier vit pour l'essentiel sur les transactions liées à la résidence principale. L'an dernier, les prix qui atteignaient ici des niveaux relativement élevés ont diminué d'environ 10 % en moyenne. La demande demeure soutenue sur tous les biens présentés en dessous des 450 000 €. Maisons et appartements proposés au prix du marché se vendent assez facilement. En revanche, au-delà d'un certain budget la reprise est freinée par des prix que les acheteurs potentiels estiment encore trop élevés.

UN BIEN À UN PRIX CORRECT SE VEND RAPIDEMENT

Gérante de Promoval Immobilier à Sausset-les-Pins.
Gérante de Promoval Immobilier à Sausset-les-Pins. . DR

Après plusieurs mois pendant lesquels le marché a tourné au ralenti, les ventes reprennent depuis fin janvier. Cette reprise s'accompagne d'un réajustement des prix. Cependant, on ne peut pas parler de baisse pour autant, plutôt de stabilisation. Actuellement, les vendeurs sont en fait plus à l'écoute des acquéreurs. S'ils ne sont pas forcément prêts à baisser leurs prix, ils sont toutefois plus disposés à étudier l'offre d'un acheteur à partir du moment où celle-ci n'est pas très éloignée de leurs prétentions de départ. Les négociations peuvent ainsi aboutir sur des baisses de 5 à 10% selon les transactions. Sur le marché de l'habitation principale, les maisons de 100 à 120 m2 habitables sur 500 m2 de terrain environ sont très demandées. Les acquéreurs disposent en général d'un budget de 450 000 € alors que l'offre s'établit plutôt à 500 000 €. Du fait d'une demande supérieure à l'offre justement, les négociations s'avèrent difficiles sur ces budgets. À partir du moment où la maison est présentée à un prix correct, elle se vend rapidement. Sur le marché de la résidence secondaire et des investisseurs, la demande porte pour l'essentiel sur des 2-pièces d'environ 50 m2 avec vue sur mer pour lesquels les acheteurs sont prêts à débourser entre 210 000 et 220 000 €. Les propriétaires en espèrent eux en général plus de 240 000 €. Actuellement, les biens évalués à plus de 700 000 € ont beaucoup de mal à se vendre du fait de la raréfaction des acheteurs.

LES ACHETEURS PRIVILÉGIENT LES VILLAGES

Responsable de l’agence Agimmo d’Ensuès la Redonne.
Responsable de l’agence Agimmo d’Ensuès la Redonne. . DR

En 2009, les prix se sont rééquilibrés en faveur des biens qui bénéficient d'un environnement de qualité. Aujourd'hui, les acquéreurs étudient tous les défauts et toutes les nuisances avant de faire leur choix. La moindre maison pas très bien située qui partait encore à 500 000 € au premier semestre 2008 ne se vend plus à ce prix-là. Les acheteurs privilégient le calme et la proximité des centres villageois. Un bien au prix du marché qui dispose de tous ces atouts se vend rapidement. Par exemple, une villa de 110 m2 habitables avec studio attenant de 25 m2 sur 1 000 m2 de terrain rentrée en mandat à 424 000 € s'est récemment vendue au prix demandé au bout de cinq jours. Parmi les biens les plus recherchés, il y a les maisons de village de 60 à 70 m2 habitables environ qui s'échangent à 200 000 € en moyenne. Leur cote peut monter à 230 000 voire 260 000 € pour celles qui jouissent d'un extérieur. Le marché des villas démarre à 300 000 €. Les acquéreurs sont nombreux à disposer de ce budget avec lequel ils peuvent s'offrir un pavillon de 4-pièces avec un petit jardin. Les prix montent ensuite en moyenne jusqu'à 550 000 voire 600 000 € selon la surface habitable, les prestations, l'environnement et la vue. Le marché des Calanques est particulier. La valeur des biens est fonction de l'offre et de la demande. Récemment, une maison de style gréco-provençal placée en front de mer sur 900 m2 de terrain en restanques avec piscine a été cédée pour un million d'euros. Ceci dit, certains biens qui auraient pu prétendre se vendre jusqu'à 1 500 000 € auparavant ne trouvent plus preneurs aujourd'hui.

DES PRIX STABILISÉS SUR DES VALEURS ÉLÉVÉES

Directeur des deux agences Laforêt à Sausset-les-Pins et à la Couronne.
Directeur des deux agences Laforêt à Sausset-les-Pins et à la Couronne. . DR

L'an dernier, le marché est resté dynamique. Le seul effet de la crise a été de faire baisser légèrement les prix. Ces derniers ont reculé de 10 % exception faite des budgets supérieurs à 800 000 €, soit une villa de 200 m2 sur 1 000 m2 de terrain avec de belles prestations, pour lesquelles les négociations peuvent atteindre -20 %. Aujourd'hui, les prix de l'immobilier de la Côte bleue se sont dans l'ensemble stabilisés sur des valeurs qui restent malgré tout assez élevées. Parallèlement ces derniers mois, le stock des biens à la vente a diminué, beaucoup de vendeurs ayant préféré différer leurs projets. Les appartements à destination d'une clientèle locale représentent actuellement l'essentiel des transactions. Les prix varient selon les communes (Carry-le-Rouet est depuis toujours un peu plus chère que Sausset-les-Pins) et selon les quartiers. Les acheteurs privilégient le calme, la proximité du centre-ville et la vue sur mer. À Carry, où les appartements sont aussi un peu plus spacieux, le prix moyen s'élève à 5 000 € le m2 alors qu'à Carro, La Couronne ou à Sausset, il est inférieur à 4 000 € le m2. Sur le front de mer, les appartements récents de bon standing peuvent se vendre jusqu'à 6 000 voire 7 000 € le m2. Le marché des villas démarre à 400 000 € à Sausset, le prix de 100 m2 sur 700 m2 de terrain. Il faut compter au minimum 480 000 € à Carry pour une surface de 150 m2 en moyenne. En 2010, le marché devrait conserver un bon niveau d'activité. Il est toutefois regrettable que les dossiers de prêts bancaires mettent de plus en plus de temps à se monter.

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