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Dossier spécial Grenoble et Région
 
PAROLES D'EXPERTS

GRÉSIVAUDAN, TRÈS CHÈRE VALLÉE


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Face à un flanc droit saturé, la rive gauche de la vallée du Grésivaudan dévoile ses attraits.

QUATRE EXPERTS LOCAUX VOUS DONNENT LEUR DÉCRYPTAGE

La rive gauche de la vallée offre une alternative aux Grenoblois voulant quitter le centre-ville.
La rive gauche de la vallée offre une alternative aux Grenoblois voulant quitter le centre-ville. . Pierre-Jean DURIEU/Fotolia

La vallée du Grésivaudan fait figure d'eldorado pour les habitants de la région grenobloise, et même au-delà. Logée à la croisée des massifs de la Chartreuse et de Belledonne, cette zone offre une situation privilégiée, à mi-chemin entre les stations de montagne et la ville. Mais, même s'il existe d'importantes disparités historiques, le marché immobilier tourne au ralenti des deux côtés de la vallée, conséquences de la crise. Entre les prix affichés et les prix actés, une baisse de -15 à -30 % est constatée selon les différentes agences. Lesquelles sont unanimes : les négociations s'étirent et sont plus âpres depuis un an. La rive droite, côté Chartreuse, demeure néanmoins très prisée et proche de la saturation. Les communes situées entre La Tronche et Crolles n'ont rien à envier à l'Ouest parisien et demeurent très convoitées des acheteurs aisés possédant un budget suffisant. En raison de leur rareté, maisons et appartements pointent autour de 300 000 € pour les plus petites superficies ; la ville de Meylan affichant le m vendu à 3 200 €. Les acquéreurs au budget plus modeste se dirigent plutôt vers le flanc gauche, accroché au massif de Belledonne. Couvrant les villes de Domène, Gières, Le Versoud jusqu'à Allevard, ce secteur affiche des prix historiquement plus raisonnables. Avec l'arrivée du tramway et le développement des transports en commun, ce côté-ci de la vallée offre une bonne alternative aux Grenoblois désireux de quitter le centre-ville. Le prix au m tourne autour des 1 800 €.

Un marché favorable aux primo-accédants

Directrice de l’agence Alpina.
Directrice de l’agence Alpina. . DR

Avec une assez bonne fin d'année 2009, ce début 2010 part sur des bases consolidées. Bien sûr, il faut faire avec les conséquences de la crise. Il y a moins d'acheteurs, mais leurs intentions sont plus sérieuses. La profession s'est recentrée, gagnant en considération auprès de ses clients. Avant la crise, les acquéreurs étaient des propriétaires qui avaient le désir de trouver plus grand avec un budget entre 350 et 400 000 €. Désormais, il s'agit plutôt de primo-accédants en quête d'un bien compris entre 200 et 250 000 €. Un signe qui ne trompe pas : la chute du nombre de prêts-relais. Une maison en pierre de 160 m, avec un terrain de 420 m, située à Saint-Vincent-de-Mercuze, est partie à 280 000 €. Une maison récente à La Terrasse, à 300 000 €, en un mois et demi. Concernant la tenue globale de l'année 2010, je demeure sceptique : certes le pire de la crise est passé mais la vraie reprise, ce n'est pas pour tout de suite en raison des mauvais résultats du marché de l'emploi.

Le moment de faire des affaires

Directeur de l’agence IDS Immobilier.
Directeur de l’agence IDS Immobilier. . DR

Après une année de transition malheureusement annonciatrice de mauvaises nouvelles, nous subissons aujourd'hui les conséquences de la crise. Le tissu industriel de la partie nord de la vallée du Grésivaudan a été largement touché par des vagues de licenciements et de fermetures d'usines paupérisant une partie de notre clientèle. Cette situation impacte, en premier lieu, la location avec une baisse importante de la demande mais également la vente avec des prix orientés à la baisse. Les acquéreurs sont de plus en plus frileux et n'hésitent plus à négocier d'importantes baisses. Aujourd'hui, 60 à 70 % de nos transactions sont finalisées avec des tarifs en recul de -15 à -30 % : un appartement part aujourd'hui à 150 000 € maxi et une villa entre 200 et 250 000 €. Quant aux biens atypiques ou d'exception, ils stagnent autour des 450 000 €, du fait de leur rareté et du coût. Sans compter que le marché est pollué par des biens mis en vente par des propriétaires en recherche de liquidité, n'hésitant pas à brader leur logement. Si on se place du côté des acquéreurs, c'est le moment de faire des affaires... Le marché immobilier sur ce secteur devrait repartir d'ici à deux ans, le temps nécessaire pour atténuer les effets de la crise.

La demande d'appartements en net essor

Directrice de Cimm Domène.
Directrice de Cimm Domène. . DR

Sur notre zone allant de Gières au Versoud via Domène, le marché de l'immobilier stagne en ce début d'année, même si on enregistre actuellement une baisse de -10 à -15 % des prix à la signature, excepté pour les produits atypiques situés sur le balcon de Belledonne. Ces communes demeurent attractives par leur localisation, à la fois proches de Grenoble et de Crolles, à la campagne mais à proximité de la ville par les transports en commun. La vallée du Grésivaudan représente un bon compromis. À qualité de vie égale, les jeunes couples et les cadres préfèrent aujourd'hui acquérir un bien de ce côté-ci de la vallée. Pour un même produit, la différence peut aller de 100 000 à 200 000 € ! Pourtant, les futurs acquéreurs négocient, hésitent et ont peur de se lancer. Ils ont besoin de réfléchir et de visiter plusieurs fois un même logement... allongeant la durée du délai de vente moyen à cinq mois environ contre 90 jours habituellement. De plus en plus, nous obtenons un accord de principe qui est remis en cause deux jours après. Cette situation nous arrivait occasionnellement auparavant. Autre évolution, la demande d'appartement connaît un fort essor. Les jeunes préfèrent investir dans une petite surface, un placement moins risqué qu'une villa.

Les petites surfaces ont la cote

Directeur de l’agence Jacob Immobilier.
Directeur de l’agence Jacob Immobilier. . DR

Les zones de la vallée du Grésivaudan, proches de bassin d'emplois et des axes importants de communication comme Crolles, demeurent très recherchées avec cependant une évolution dans les demandes. Sur les flancs de la Chartreuse, la villa individuelle de 120 m et 800 m de terrain ne se vend plus aujourd'hui. comme auparavant. En revanche, un T2 de 50 m à Crolles autour de 165 000 € a le vent en poupe. Les petites surfaces, dont le prix maximal s'affiche autour des 250 000 €, attirent les primo-accédants ou les acheteurs, qui pensent placement. Ces derniers recherchent avant tout un toit pour leur retraite ou en prévoyance. Tant que les taux resteront historiquement aussi bas, je reste confiant pour 2010 : nous vendrons toujours ces biens-là sans problème. D'une façon générale, le marché est revenu aux fondamentaux après des années d'inflation exagérée. Le client est plus lucide, il n'accepte pas tout à n'importe quel prix. Les négociations sont dures et donc les délais plus longs.

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