Cadre de vie : L’attractivité de Paris est au sommet dans l’immobilier de prestige

Selon le City Index de Barnes et Warburg, Paris arrive en 2e position après New York dans le palmarès des villes les plus recherchées en 2017 sur le marché des biens de prestige. Un regain d’attractivité qui s’explique, entre autres, par l’impact du Brexit, mais pas seulement...

Barnes et Warburg, experts internationaux de l’immobilier haut de gamme, brossent les tendances 2018 et l’attractivité des grandes villes dans une étude conjointe publiée le 18 janvier 2018. On y constate que Paris passe de la cinquième à la deuxième place derrière New York, alors que Londres est reléguée en troisième position. Le marché des biens de prestige progresse de près de 20 % depuis deux ans dans la ville de Lumière et attire une clientèle fortunée en provenance du monde entier. Il est de plus très dynamique, avec une demande supérieure à l’offre.



Le cumul de plusieurs facteurs

Paris bénéficie de l’effet du Brexit. On évalue à quelque 30 000 le nombre d’expatriés qui devraient être de retour de Londres, en particulier au deuxième semestre 2018. Mais ce facteur n’est pas le seul à expliquer le regain d’intérêt pour la capitale française. L’élection d’Emmanuel Macron n’est pas sans jouer sur le retour des investisseurs étrangers dans l’Hexagone : la France bénéficie actuellement d’une très bonne image, en particulier auprès des Américains. Une fiscalité moins pénalisante peut également expliquer cette tendance. La perspective des jeux Olympiques de 2024 a le mérite de rassurer la clientèle.



Une demande diversifiée

Selon l’étude de Barnes et Warburg, la demande de biens immobiliers haut de gamme concerne plus particulièrement des appartements et hôtels particuliers situés dans l’Ouest parisien et dans le coeur de la capitale (1er, 2e, 3e, 4e, 5e, 6e, 7e et 8e arrondissements). Mais l’est parisien et le Marais ne sont pas en reste : ces quartiers, à l’ambiance « bobo », ont la faveur d’une clientèle plus jeune, en général des millennials, digital natives âgés de 30 à 45 ans qui ont fait fortune par eux-mêmes, le plus souvent en créant leur start-up.



Millennials

Ces derniers sont en quête de biens atypiques, comme par exemple des lofts. Les clients recherchent pour la plupart de grands volumes assortis de prestations exceptionnelles et de services de qualité. Si nombre d’entre eux proviennent de tous les continents, on note également une attractivité de la capitale à l’égard de Français venus de province. On constate par ailleurs un retour significatif d’expatriés français, et pas seulement de Londres.



Des prix parisiens à la hausse

Le marché de l’immobilier de prestige parisien connaît une tendance des prix à la hausse (+10 % en 2017). Les niveaux de prix actuels renouent ainsi avec le pic des prix constaté fin 2011, début 2012. Il est vrai que les biens haut de gamme (supérieurs à un million d’euros) avaient vu leurs prix baisser dans des proportions supérieures à ceux des biens moyens (450 000 euros). Ces derniers avaient amorcé leur remontée dès 2015-2016, alors que les prix des biens de prestige n’ont repris leur progression que l’an passé.



Rattrapage

Cette forte augmentation correspond ainsi à une forme de rattrapage. Pour autant, cette hausse significative n’affecte pas la demande qui reste forte, en regard d’une pénurie de biens à la vente, de sorte qu’on assiste à un phénomène de ventes éclairs. Barnes a comptabilisé 74 ventes de cette nature en 2017. Concrètement, l’acquéreur signe après une seule visite, voire parfois sur la seule foi d’une visite virtuelle. Par exemple, à Neuilly, un duplex de 181 m² a été vendu au prix du mandat de 2 520 000 euros en une seule visite. À Asnières, c’est une maison de ville avec jardin qui est partie en 24 heures au prix de 1 610 000 euros.



Alignement des prix

D’après une étude publiée fin 2017 par Sotheby's International Realty, Paris est la cinquième destination la plus prisée par les acquéreurs en quête d'un bien de prestige. « La ville lumière propose à la fois un marché relativement stable, un placement sûr et moins cher que la plupart des grandes métropoles », indiquait son patron Alexander Kraft en octobre dernier. On note toutefois un alignement des prix entre Paris, Londres et New York sur les biens très haut de gamme, entre 25 000 et 50 000 euros le m2, un phénomène qui s’explique, aux dires de Thibault de Saint-Vincent, président de Barnes, par le fait que c’est la même clientèle qui achète cette catégorie de biens.



Un nombre de transactions qui explose

L’engouement que suscite Paris se manifeste par une forte progression des ventes. Barnes a enregistré l’an passé une hausse de 15,6 % du nombre de ses transactions sur Paris et la région parisienne, et une explosion du nombre de ses ventes entre 1 et 4 millions d’euros (+22,5 %). Les clients étrangers représentent jusqu’à 33 % de ses ventes dans certains arrondissements. Une tendance confirmée par son confrère Daniel Féau, autre leader de l’immobilier de luxe parisien, qui a réalisé en 2017 une cinquantaine de ventes au-delà de 4 millions d'euros et près d'une dizaine au-delà de 10 millions.



Le Marais reste recherché

Le groupe Vaneau se félicite quant à lui d’une très forte progression en 2017, en particulier de ses agences de la Rive Gauche, sur les 6e, 7e et 15e arrondissements, ainsi que dans l’hyper-centre parisien et le Marais. Les résultats de ces agences affichent en effet en moyenne une progression de +18 %.


Posté le 21/03/2018 par Olivier Cheilan

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