Les taux fixes observent depuis le début de l’année une légère remontée sur toutes les durées. Autant se décider rapidement à emprunter.
En 2010, les taux ont été orientés à la baisse, augmentant l’enveloppe budgétaire de l’emprunteur ou permettant d’acheter sur une durée plus longue pour profiter d’un logement plus spacieux. Cette baisse des taux s’expliquait par la politique de la Banque centrale européenne (BCE), qui a maintenu son taux directeur à 1?%, et par le taux à long terme des Obligations Assimilables du Trésor (OAT 10 ans), indice de référence des taux longs et donc des prêts à taux fixe. En août 2010, les OAT ont affiché un record historique à la baisse avec un taux de 2,49?% , ce qui a permis aux banques de proposer des taux très attractifs. En décembre, ces OAT sont remontées à 3,31?% pour se stabiliser en janvier 2011 . Ce « loyer » de l’argent est celui sur lequel les banques se refinancent.
En début d’année et même dans un léger contexte de hausse, les banques peuvent adopter diverses stratégies : soit intégrer la hausse et rogner sur leur marge, soit ne répercuter la hausse que sur certains profils d’emprunteurs comme les plus risqués par exemple, soit la laisser de coté pour capter de nouveaux clients amenés entre autres par le prêt principal nécessaire à l’accompagnement du PTZ+. Dans ce contexte, le futur acquéreur ayant un projet d’achat à court ou moyen terme doit se mobiliser rapidement et « chasser » le crédit en procédant par plusieurs étapes.
Pour avoir une idée approximative de son enveloppe, le futur acquéreur peut faire des simulations sur les sites Internet, puis affiner son dossier auprès de sa banque en combinant tous les prêts possibles auxquels il a droit. Selon qu’il est salarié ou non, il peut prétendre au prêt Action Logement, aux prêts issus de l’épargne logement, au prêt à taux zéro provenant de la commune et s’ajoutant à celui de l’État… et donc bénéficier de simulations au plus près de la réalité. Il ne faut pas oublier de faire jouer la concurrence entre banques en passant par un courtier qui va diffuser la demande auprès de banques généralistes ou d’établissements spécialisés et ainsi décrocher le meilleur prêt en fonction de la qualité du dossier et de la politique de l’émetteur de prêt.
Avant de signer une offre de prêt, l’emprunteur doit vérifier que celle-ci est bien donnée en taux effectif global (TEG), c’est-à-dire affichant le taux du crédit comprenant le taux en lui-même, le taux de l’assurance décès invalidité obligatoire, le coût des garanties par rapport au prêt (hypothèque conventionnelle, privilège de prêteur de deniers ou caution mutuelle) et les frais de dossier. Doivent également figurer un tableau d’amortissement, le « cap » en cas de taux révisable ainsi que le montant des pénalités en cas
de remboursement anticipé, sachant que ce dernier
ne peut dépasser 3?% du capital restant dû.
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Sandrine Allonier
Il faut tout d’abord relativiser la hausse des taux fixes qui oscille de 0,10 à 0,30%. À titre d’exemple, sur un prêt de 150 000 € sur 20 ans, le passage de 3,40% à 3,70%, augmente la mensualité de 23 € passant de 862 € à 885 €. Ce qui sur cette durée, renchérit le coût total du crédit de 10 000 €, soit 500 € par an. Une incidence relativement faible qui s’accompagne, par chance, du renforcement du prêt à taux zéro s’adressant aux primo-accédants, sans respect de conditions de ressources. Cela dit, il est trop tôt pour savoir si ce léger mouvement de hausse qui affecte toutes les durées et tous les profils d’acheteurs va perdurer et se renforcer au cours du prochain semestre ou si cela n’était qu’une tension passagère. Toujours est-il que les taux fixes restent très attractifs. Par exemple, sur 25 ans, un emprunteur présentant un bon dossier peut obtenir actuellement un taux à 3,85?% hors assurance, ce qui est inférieur de 0,23 point au taux pratiqué l’an dernier à la même époque.
Responsable Des Études Économiques Chez Meilleurtaux